Un stade pour tous… c’est un équipement PUBLIC !

Un nouveau stade ? C’est un investissement utile, ont estimé les élus communistes de la CUB au moment d’étudier le protocole d’accord de la CUB avec la mairie de Bordeaux, lors du conseil du 26 novembre 2010. Mais le maintenir sous maîtrise publique serait le meilleur garant contre les dérives du sport de haut niveau. Ce n’est pas le choix qu’a fait la mairie de Bordeaux, livrant ce nouveau stade à une hasardeuse et coûteuse opération publique-privé (PPP). Montage financier qui a amené les élus communistes et apprentés à s’abstenir sur ce protocole d’accord. Explication de vote par Max Guichard, président du groupe.

« Chaque étude de dossier est pour nous, en premier lieu, l’occasion d’en définir l’intérêt pour nos populations, tant pour le présent que pour l’avenir. En second lieu, nous apprécions son impact financier, social, environnemental dans le développement à dimension publique de l’agglomération que nous devons construire. En ce sens, comme pour d’autres investissements de même envergure, nous nous sommes astreints à 3 questions : 

1°) Cet investissement est-il utile ?

 

Construit dans les années 1930, le stade Chaban-Delmas n'offre plus les conditions convenables d'accueil du public populaire qui le fréquente.

Notre réponse est clairement oui, car il répond à un besoin de rassemblement populaire quasi hebdomadaire, participant ainsi à une dimension d’intérêt ou de plaisir pour plusieurs milliers de personnes. Aussi faut-il que cette dimension se réalise dans de meilleures conditions de sécurité et donc de qualité d’accueil, de respect environnemental pour tous les gens intéressés ou pas (riverains) par un tel investissement. En ce sens, le stade Chaban-Delmas, inauguré voici plus de 80 ans ne correspond plus à ces exigences.

2°) Son lieu d’implantation est-il judicieux ?

Là aussi, notre réponse est oui. Au regard des exigences formulées, ce nouveau stade étant construit dans un espace aéré et très proche de dessertes en transports publics. D’autre part, la voiture, qui sera encore très présente, verra sa nuisance limitée au regard de ce qui se produit actuellement en centre ville lors des rencontres sportives.

3°) La forme de gestion de cet investissement est-elle la plus appropriée ?

Là, notre réponse sera beaucoup plus mesurée. Autant nous estimons justifié qu’il y ait une part d’investissements publics, et cela pour 3 raisons :

A Evry (Essonne), c'est un hôpital public qui a été livré en PPP aux grands groupes de la construction. Résultats: 8 000 malfaçons et un surcoût de 185 millions d'euros. http://www.humanite.fr/social-eco/le-double-scandale-de-l%E2%80%99hopital-d%E2%80%99evry-corbeil-480615

– comme nous venons de l’exprimer, il y a un véritable intérêt de développement public d’agglomération autour de cet investissement ;

– cet engagement participe d’un aménagement sportif harmonieux du pays et sa capacité d’accueil international qui aurait du impliquer l’Etat au niveau de 40 millions d’euros, pas au niveau des 20 millions qu’il accorde chichement ;

– l’utilisation première de ce stade étant dévolue au football, nous estimons que, pour limiter les graves dérives de ce sport professionnel, la présence institutionnelle est une des conditions.

D’ailleurs en ce sens, nous apprécions que notre revendication d’exigence de maintien de tarifs « sociaux » pour l’entrée à ce spectacle ait été prise en compte, cette démarche permettant une offre populaire qui représente, d’ailleurs, au plan national, une originalité appréciée du club actuel des Girondins de Bordeaux. Ceci dit, même si ce club s’investit de manière importante dans la formation de jeunes, nous ne pouvons que l’appréhender comme un des participants zélés de ce foot business. Et, en appui d’investissements publics, lui confier la quasi-totale gestion de cet équipement nous pose question.

Certes, son apport (100 millions d’euros dans la gestion) n’est pas négligeable. Certes, la puissance publique récupèrera dans 30 ans la totalité de cet investissement (terrain et stade) ce qui, entre parenthèse, constitue une différence notoire avec d’autres récents investissements de la CUB, comme l’ARENA par exemple. C’est donc bien pour permettre de répondre à toutes les attentes énoncées ici que nous aurions souhaité qu’une maîtrise ou participation publique à la gouvernance de cet investissement soit plus affirmée, par exemple par le biais d’une SEM.

Tenant compte de tous ces éléments, vous aurez compris que nous ne nous opposerons pas à la réalisation de ce stade. Par contre, nous ne pouvons soutenir en l’état le mode de gestion proposé. Aussi, le vote qui nous semble le mieux traduire nos appréciations est l’abstention. »

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