6 ans d’investissement mais combien de renoncements ?

Le conseil de CUB de ce vendredi a adopté le programme prévisionnel d’investissement (PPI) pour les 6 prochaines années. Un PPI nouvelle formule, marqué par l’esprit du rabot (-10% sur tous les grands investissements) et par la vogue des règles d’or (enveloppe de crédit figée sur 6 années). Avec 2,7 milliards d’euros d’investissement, ce programme est pourtant ambitieux et il fait notamment la part belle au logement social. De bonnes orientations dont Jean-Claude Galan pour le groupe communiste a exprimé la crainte qu’elles ne résistent pas aux sirènes de l’austérité.

« Vous connaissez, chers collègues et monsieur le président, le point de vue de notre groupe sur le postulat de départ qui a constitué le socle de travail du comité d’engagement sur le PPI. Son travail a été guidé par l’injonction à la rigueur budgétaire et aux contraintes de l’austérité imposée par le gouvernement aux collectivités locales. Gel des dépenses courantes de fonctionnement, écrêtement des investissements importants, application d’une enveloppe de crédits figée sur le mandat,… nous n’acceptons pas ces principes.

Nous les acceptons d’autant moins que le précédent gouvernement, celui de monsieur Juppé, avait offert aux grands groupes la suppression d’un impôt économique (la taxe professionnelle) dont nous subissons encore les terribles conséquences budgétaires. Cet impôt économique doit être rétabli.

Ces injonctions enfin, nous ne sommes plus les seuls à les refuser puisque, après plusieurs ministres, c’est l’ancien président d’un grand groupe du Cac 40 promu commissaire à l’investissement, Louis Gallois, qui alerte sur les dangers que nous font courir les politiques d’austérité.

Certes, avec 2,72 milliards d’investissement programmés, ce PPI est tout sauf un PPI d’austérité. Et nous nous en félicitons. Les efforts maintenus voire renforcés sur le logement social sont par exemple de nature à répondre à l’urgence sociale à laquelle une majeure partie de la population est confrontée. Et, dans le domaine des transports, nous notons avec satisfaction que la ligne de ceinture ferrée pourrait passer de la catégorie études à la phase réalisation.

Mais qu’en sera-t-il quand le gouvernement aura mis en application son intention de baisser de 4,5 milliards d’euros les dotations versées aux collectivités locales ? Qu’en sera-t-il si dans le même temps, l’Etat continue de se désengager de grands enjeux comme les infrastructures routières et ferroviaires, la politique de la ville ou encore l’enseignement supérieur ? Dans ces cas de figure et en l’absence du retour d’un réel impôt économique, nous savons bien et vous savez bien que c’est sur les budgets des ménages et des usagers des services publics que pèseront ces politiques.

Enfin, le vice-président aux Finances a pris le temps de nous rassurer sur l’avenir du pont Jean-Jacques Bosc dont il est visiblement question de prendre en compte les délais réels de livraison. Permettez-nous cependant de relayer l’inquiétude de ceux qui œuvrent à cette nouvelle jonction entre les deux rives, comme l’association Alliance 2 Rives qui prévient des difficultés à venir si la réalisation de ce pont devait prendre du retard alors que la liaison LGV elle, arrivera à l’heure prévue. Une association qui prévient aussi que le coût de l’ouvrage trouve ses justifications dans les urgences sociales et de déplacement sur les territoires. Nous ne serons donc pas de ceux qui tenteront de trouver 10% de dépenses soi-disant superflues dans ce type de projets.

C’est pourquoi, ne pouvant adopter ces règles de rigueur imposée aux collectivités sans que de nouvelles recettes ne soient recherchées dans le sens de la justice sociale, nous faisons le choix de nous abstenir sur ce PPI.

Et nous tenons à préciser qu’en aucun cas nos abstentions ne peuvent être considérées comme agressives. Elles sont au contraire des alertes que nous lançons en particulier en direction de nos camarades de gauche : la voie de la rigueur n’est pas la bonne pour sortir de la crise et donc pour faire réussir la gauche. »

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