Budget 2012: quand on commence par la « bonne gestion », on finit à l’austérité

Le conseil de communauté du 25 novembre a été l’occasion d’un trop rapide débat sur les orientations budgétaires de la CUB pour 2012. En charge des finances pour le groupe des élus Communistes et Apparentés, Jean-Claude Galan a commenté les éléments qui ont été fournis. Refusant l’embrigadement forcé des collectivités dans le plan gouvernemental d’austérité, le conseiller municipal de Floirac en a appelé à la réunion d’une conférence bancaire pour libérer nos projets du carcan des marchés financiers. 

Commençons peut-être par les objectifs affichés par ces orientations budgétaires et que nous partageons : logement, logement social, transports, voirie et développement économique sont en effet des priorités absolues qui nécessitent que notre établissement s’y consacre dans toute la mesure de ses compétences. Pour ne prendre qu’un exemple, l’effort accru en direction du logement social (22,3 millions supplémentaires en  2012) ne peut que nous satisfaire. A condition que ces sommes soient prioritairement orientées vers les opérations de logements vraiment sociaux et que cet effort soit maintenu voire renforcé les années suivantes.

En Grèce comme en Italie, les marchés ont pris le pouvoir au détriment des peuples et dans l'unique but de casser les droits des travailleurs.

Mais, au vu du contexte de crise aggravé, nous souhaitons poser clairement la question, monsieur le président et chers collègues : croyez vous vraiment que nos projets, si nécessaires à la population, soient compatibles avec le contexte qui est très justement décrit par le rapport d’orientation budgétaire ? Les contraintes sont nombreuses mais retenons-en de trois types :

–         Le désengagement de l’Etat d’abord qui représente, pour ne prendre qu’un chiffre, 106 millions d’euros investis par notre collectivité dans la construction de la Ligne à grande vitesse (LGV). Désengagement aux conséquences aggravées, nous le regrettons une fois encore, par l’élargissement de compétences de notre établissement qui, plutôt que de pousser l’Etat à prendre ses responsabilités pour une politique culturelle irriguant tout le territoire, croit pouvoir tirer seul son épingle du jeu.

–         Second type de contrainte, et pas des moindres, l’embrigadement forcé de nos collectivités locales dans les plans d’austérité commandés par les agences de notation. C’est à ce titre que l’Etat trouve tous les subterfuges, plus ou moins grossiers, pour raboter les dotations qui devraient nous revenir de droit. Non content d’avoir contraint nos outils fiscaux avec la réforme imbécile de la taxe professionnelle (et d’avoir donc accru notre dépendance vis à vis de lui), l’Etat tente en effet par tous les bouts d’associer nos collectivités à ses plans d’austérité. 32,7 millions sur le produit des amendes de police, 2 millions peut-être sur la compensation « part salaires » et 2,5 millions (en 2012 seulement) encore probablement pour une mesure de détournement total de l’idée pourtant juste de péréquation.

–         Enfin, nous l’avons déjà évoqué concernant le développement économique, un resserrement du crédit qui est anticipé par les services et qui fait peser de lourdes menaces sur l’ensemble de nos projets.

Avec de telles contraintes, la réponse à la question de la faisabilité de nos objectifs ne fait pas de doute. Si nous acceptons l’austérité, il faudra, comme le suggère d’ailleurs le document « prioriser les actions » pour participer à l’effort de réduction des déficits. C’est exactement ce qui, en Grèce, en Italie, en Irlande, en Espagne et au Portugal a été imposé aux peuples et aux gouvernements, sans que jamais l’appétit des marchés ne soit rassasié. Et de renoncements en renoncements, ce sont les marchés financiers qui prennent le pouvoir, cassent les services publics, offrent ceux-ci à la loi de la rentabilité et livrent les peuples au chacun pour soi. Exactement l’inverse de la solidarité que notre établissement veut proposer comme horizon à l’agglomération bordelaise.

C’est pourquoi notre groupe refuse cette logique qui commence par la « bonne gestion » pour finir par viser l’austérité. Comme pour le PPI, ces orientations budgétaires se félicitent déjà d’avoir renoncé à près de 400 millions d’euros que les services de la CUB avaient proposées. Et demain, si c’est ce chemin qui est poursuivi, il faudra encore « prioriser », « maîtriser l’évolution des charges », comme l’indique le document. Pouvez-vous donc nous dire quels projets feront l’objet de cette priorisation : l’opération 50 000 logements dont on a souligné l’importance en terme social, environnement, économique ? L’opération 50 000 hectares pour la nature sans laquelle l’évolution démographique de notre agglomération risque d’être durement subie par les habitants ?

Les élus communistes de Floirac ont interpellé sur l’impossibilité de rénover l’école Léon Blum, à cause de banques qui refusent de faire leur métier. http://www.sudouest.fr/2011/11/22/les-communistes-mettent-la-pression-559531-3228.php

Non, décidément, nous ne pouvons pas nous contenter de ce contexte. Nous avons déjà fait la proposition de réunir une conférence bancaire pour s’assurer que nos projets soient soutenus et ne souffrent pas de charges financières trop lourdes. Qui peut en effet accepter qu’on renonce, à Floirac, à accueillir les enfants dans des conditions dignes sous prétexte que les banques ne veulent plus faire leur métier ?

Mais il faut aussi s’armer face au désengagement massif de l’Etat et au pillage systématique qu’il a mis en place. Nous avons des outils pour cela dont nous ne nous sommes malheureusement pas saisi. Porter la cotisation foncière des entreprises (CFE) à son maximum aurait fournit à la CUB 6 millions d’euros de ressources financière supplémentaires, soit à peu près la somme des ressources que nous perdons à cause de l’Etat en 2012. De la même manière, notre établissement vient de renoncer à une augmentation possible de la taxe d’aménagement qui n’est que le prélèvement auprès des grandes entreprises des moyens pour apporter les services publics et utilités nécessaires à leurs projets. Fixer ces taux à un niveau plus élevé, ce n’est pas comme on l’entend parfois « pénaliser les entreprises », c’est les faire contribuer au développement du territoire sur lequel elles font souvent de confortables bénéfices.

 

 

 

 

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