75 000 emplois, c’est possible. Il faut juste changer de cap.

 

Notamment grâce à l’insistance des élus communistes de la Cub, le premier Sommet économique et social s’est réuni aujourd’hui à Meriadeck. Une premier réunion entre elus, syndicats de salaries, représentants du patronat et du monde bancaire qui a permis d’aboder par exemple les projets d’activité de maintenance navale sur les Bassins à flot. Représentant le groupe des élus communistes et apparentes, Gilles Penel a rédige une contribution écrite à cette journée.

« Vouloir créer 75 000 emplois pour les habitants actuels et futurs de la Cub, c’est très bien. Mais il faut commencer par répondre à l’urgence que vivent les salariés des entreprises Labso Chimie, Ford, GFT, Lesieur, Commscope,… Partout dans ces entreprises, les menaces sur l’emploi ou les plans de licenciements en cours doivent être combattus avec d’autant plus de vigueur qu’ils sont l’oeuvre de grands groupes bénéficiaires à millions. C’est le cas de Ford où les inquiétudes sont encore fortes et notamment sur le devenir de l’entreprise GFT qui n’a que trop peu de perspectives industrielles.
Ensuite, quand une collectivité comme la nôtre s’interroge sur l’emploi, il est dans son devoir de le faire sur l’ensemble des aspects. Et donc nous devons mettre au même niveau le développement économique, le développement social et le développement durable. Ils doivent aller ensemble dans notre démarche. C’est ce que la CUB a commencé à faire en mettant des conditions sociales à ses subventions en matière économique, c’est un tout petit premier pas.
Et pour les créations, il faut concevoir la ville comme une ville à vivre, pas seulement une ville carte-postale. Ainsi, les déclarations de bonnes intentions sur l’utilisation du fleuve ne sont pas suivies d’effets. Les blocages sur l’activité de maintenance navale et refit sur les Bassins à flot et a Bassens sont insupportables. Il s’agit pourtant d’utiliser un outil industriel historique de notre agglomération et de créer des centaines d’emplois. Les freins doivent être débloqués pour permettre son installation. Ce serait un signe fort de retour de l’activité économique en ville.
Soucieux de livrer le quartier aux promoteurs immobiliers, Alain Juppé multiplie les obstacles à la faisabilité de l’activité de réparation navale sur les Bassins à Flot (400 à 600 emplois à la clé). Mais il offre la gestion des réseaux de chaleur pour 1 euro et pour 60 ans !

On nous parle de nuisances mais nous pensons que c’est justement parce que cet outil est au près des habitations qu’il faut le développer. Pour que les citoyens puissent avoir un regard sur les conditions de sécurité et d’hygiène de cette industrie. C’est cela concevoir l’industrie propre : la garder sous nos yeux, sous contrôle. Sinon, cela signifierait qu’on veut bien polluer la vie des habitants de Bassens et d’ailleurs mais qu’on souhaite protéger les résidents des hôtels de luxe qui se construisent à Bacalan. 

Le même volontarisme doit être de mise à Euratlantique et sur les quais de Floirac où la proximité du MIN et du fleuve doit inciter à l’inventivité et à la mixité des usages. Enfin, Max Guichard que je représente ce matin, a participé récemment à un voyage d’étude à Bilbao au cours duquel il a pu se rendre compte de la force de l’intervention publique au service de l’activité économique. Cette expérience doit nous servir pour aider à la réimplantation de zones artisanales et d’industrie légère au cœur des villes.
Vous l’avez remarqué, mon intervention est restée axée sur la question industrielle. Non que nous négligeons les autres formes d’activités économiques. Le développement des services publics est par exemple un champ très important pour le développement économique et social. Mais force est de constater que cette activité industrielle qui reste encore celle qui créait la richesse, est trop souvent remise à plus tard. Nous pensons pour notre part que c’est sans attendre qu’il faut agir sur ce terrain et vite.
Pour ce faire, la puissance publique doit agir : avec des outils nouveaux comme les outils d’aménagement foncier nécessaires. Mais aussi en reprenant la main sur le crédit, nous sommes donc satisfaits que les acteurs du monde bancaire soient autour de la table. Nous devons maintenant déterminer avec eux de grandes priorites économiques, sociales et écologiques à financer de manière bonifiée. Et nous devons tourner le dos aux injonctions au recul économique et social prônées ces jours-ci par Bruxelles. »

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