Orientations du PLU: faire la ville pour tous !

La réunion du conseil de CUB ce 12 octobre a été l’occasion d’un débat sur les orientations générales du projet d’aménagement et de développement durable (PADD) construit par la CUB, dans la perspective de l’adoption (fin 2014) d’un nouveau plan local d’urbanisme (PLU). Logement, espaces publics, déplacements, emploi, agriculture,… Tous les grands thèmes du droit à la ville y sont abordés. L’élue mérignacaise Claude Mellier a donné l’opinion du groupe communiste sur ces grandes orientations et… sur les traductions concrètes et rapides qui doivent voir le jour.Claude Mellier

Nous apprécions ce document pour ce qu’il est, c’est à dire un document général servant de support au débat que ce soit ici, ou dans les conseils municipaux. Son caractère général et parfois imprécis permet pour le moment à chacun de s’y retrouver, mais sur le fond évite véritablement ce qui pourrait fâcher. Cependant deux ou trois points nous inquiètent.

Si nous partageons les ambitions en termes de construction de logements, nous regrettons que notre demande de 50% de logements sociaux ne soit pas prise en compte. De même nous ne pouvons pas souscrire à la proposition de stopper la construction de logements sociaux dans les villes qui en sont déjà bien pourvues. Nous récusons cette vision qui tend à faire passer pour un handicap le logement social, alors qu’il est le garant du droit à la ville pour tous.

 

Alain Juppé Vincent Feltesse
Sous la pression des élus communistes, Alain Juppé et Vincent Feltesse ont concédé lors du conseil de CUB du 28 septembre 2012 que 35% de logements sociaux était un "plancher" acceptable pour les grandes opérations de construction de logements... Chiche !

Il n’y a aujourd’hui aucun chiffrage quant à la nature de ces logements sociaux. Mais nous sommes satisfaits de l’avancée obtenue lors du conseil de CUB du 28 septembre, à savoir la détermination d’un plancher de 35% de PLUS/PLAI sur chaque grande opération. Cette avancée doit être inscrite dans nos documents. Vous conviendrez que construire un PLAI et un PLS n’a pas les mêmes incidences sur le montant des loyers et donc sur la tentation de l’éloignement urbain. Tout cela mérite donc d’être précisé.

Il en est de même à notre sens sur les questions de l’emploi. Nous traversons aujourd’hui une grave crise. La logique de rentabilité mène notre pays mais aussi l’Europe et notre planète dans l’impasse. Si notre projet d’orientation du PADD, en écho au projet métropolitain, fixe des objectifs chiffrés, il va falloir que nous soyons en capacité de décliner ces objectifs de manière concrète sur notre territoire et réserver de l’espace à ces fins. À ce titre, le projet de cité numérique ou de la filière chimie sont des illustrations de ce que nous pouvons réaliser. À contrario, les blocages autour d’un pôle de maintenance navale sur les bassins à flots ne peuvent que nous inquiéter.

Soucieux de livrer le quartier aux promoteurs immobiliers, il semble qu'Alain Juppé a multiplié les obstacles à la faisabilité de l'activité de réparation navale sur les Bassins à Flot qui portaient pourtant la création de 400 à 600 emplois.

 

Si notre collectivité ne peut tout faire, elle doit permettre des convergences, faciliter des projets, les accompagner, notamment du point de vue du foncier, en conditionnant ses aides à des créations d’emplois stables. Pour notre part, nous restons convaincus que l’industrie a toute sa place dans notre agglomération, y compris dans la ville-centre. Celle-ci pouvant se décliner sous toutes ses formes, de la petite entité aux plus grosses, comme Ford ou l’aéronautique.

Nous devons être capables de nous saisir de toutes les opportunités en coopération avec l’ensemble des territoires qui nous entourent. L’émergence d’une nouvelle filière de la résine est un exemple qui doit nous faire réfléchir,aux coopérations que nous pouvons construire. Cette même réflexion doit être posée pour le fleuve et son utilisation.

De même, sur la question de l’agriculture, nous serons vigilants quant à une véritable traduction dans les textes réglementaires des ambitions affichées de faire vivre une vraie filière locale. Celle-ci n’est qu’une réponse partielle aux besoins de la population, mais à notre sens nécessaire, afin de développer une filière courte. Il nous semble, là aussi, nécessaire de travailler étroitement avec l’ensemble des territoires à proximité de la CUB.

Pour conclure, nous apprécions ce texte qui permet un débat général. En effet, au-delà du caractère réglementaire du PADD, puis du PLU, ces textes portent en eux une philosophie politique. Ils doivent, en ce sens, répondre au mieux aux besoins de nos populations, en marquant des ruptures avec le passé.

Pour cela, nous devons nous sortir de toute logique de concurrence qui finit par prendre en otage les populations des différents territoires concernés. Par exemple, le SCOT doit être une véritable outil de coopération qui permette à l’ensemble du territoire de se développer à partir de ses atouts.

 Plus globalement nous partageons les grandes orientations de ce texte mais le moment venu il faudra préciser, quantifier, localiser, prévoir les financements. C’est à l’aune de ces précisions que nous jugerons des véritables engagements de chacun.

 

 

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