Il faut lutter contre la pollution… et contre l’exclusion

Alors qu’à Paris, la lutte contre la pollution prend des airs de chasse aux voitures de pauvres, les villes de Mérignac et Bordeaux apportent leur concours financier à une étude sur l’opportunité de créer une Zone prioritaire de protection de l’air (ZAPA) au sein de la CUB. Etude qui suscite l’inquiétude des élus communistes et apparentés. Oui à des mesures écologiques et sociales, non au péage urbain anti-social, a prévenu la conseillère municipale de Mérignac, Claude Mellier.

Cette délibération traite du financement d’études à propos de la qualité de l’air. En soi, cela ne nous pose aucun problème. Je tiens cependant à rappeler nos positions quant aux actions qui pourraient être envisagées : nous sommes résolument hostiles à toute démarche d’exclusion de type ZAPA ou péage urbain, excluant certaines catégories de véhicules des centres villes. Nous ne nous inscrivons pas dans la démarche en ce sens du maire de Paris. Pourquoi ?

Les véhicules les plus polluants sont souvent les plus anciens. C’est-à-dire ceux des ménages en difficulté. Ceux-là même qui sont également repoussés à la périphérie des villes, du fait de la spéculation immobilière qui y règne. Pour eux, le recours à la voiture résulte d’une contrainte géographique, horaire ou économique liée à l’emploi. Des mesures d’accès restrictives les frapperaient de la double peine et accentueraient la ghettoïsation.

En revanche, d’autres pistes peuvent et doivent être résolument explorées, garantissant une transition écologique s’inscrivant dans la justice sociale. Sachant que les particules proviennent majoritairement des transports et du chauffage urbain, notamment chauffage bois :

– améliorer l’isolation, la réhabilitation des logements, avec une aide particulière pour les familles les moins aisées et les quartiers d’habitat social,

– développer et améliorer notre réseau de transport en commun. Des efforts ont été réalisés ou sont en cours, (tramway, tram -train du Médoc, couloirs de bus…) d’autres restent à faire comme la réactivation de la voie ferrée de ceinture (dont le bouclage est désormais possible avec l’ouverture du pont Bacalan-Bastide), et une meilleure utilisation du fleuve.

S’attaquer au rapprochement des distances domicile-travail par la relocalisation des entreprises en zone urbaine et mettre en œuvre une réelle politique de mixité sociale, ramenant les quartiers d’habitats populaires en ville. Le rapport d’orientation sur le projet d’aménagement et de développement durable (PADD) nous dit que si la CUB concentre 70% des emplois du département, son poids démographique est en baisse. Cela signifie que de plus en plus de salariés habitent en dehors de la CUB. L’augmentation des transports qui en découle ne peut se traiter uniquement à l’échelle de la CUB, des coopérations doivent s’engager à l’échelle du département, voire de la région, à l’opposé d’une logique de compétition entre centres urbains.

Avec la volonté de voir ces pistes explorées mais tenant compte des craintes que nous venons d’exprimer, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

 

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