Accueillir, c’est notre dignité

Le conseil métropolitain du 6 juillet dernier a voté une subvention à l’université de Bordeaux qui assure des cours de français aux demandeurs d’asile. Une action qui relèverait de la compétence de l’Etat mais essentielle pour des dizaines de citoyens vivant à Bordeaux. Max Guichard en a profité pour évoquer la situation de ces réfugiés que la France devrait d’honorer de recevoir.

« Nous soutenons évidemment totalement cette subvention à l’université de Bordeaux qui répond là à une mission essentielle d’accès à la connaissance. Cette action s’adresse à des populations fragilisées, exclues de leurs pays par la guerre, la misère et parfois les deux à la fois. Elles sont de plus en plus nombreuses à arriver dans notre pays et c’est bien normal. Qu’elle le veuille ou non, la France est un pays méditerranéen et que son peuple l’ai voulu ou non, son armée a participé à des opérations de l’autre côté de la mer qui ont profondément divisé, voire ruiné, des sociétés entières. Je pense évidemment à l’Irak et à l’Afghanistan.

Ajoutons à cela les réfugiés climatiques qui sont à venir et la question qui se pose à nous n’est certainement pas de savoir s’il faut ou non accueillir ces populations. La véritable question est selon moi quelles décisions politiques sont prises, aujourd’hui, pour construire un monde de paix et de co-développement, parce que personne ne quitte son pays de gaité de cœur mais bien par force. Mais aussi quelles décisions politiques pour éviter les catastrophes climatiques qui sont promises à des régions entières de la planète.

Voilà, nous sommes bien loin de la position prise par une trop grande partie de l’échiquier politique hexagonal et, c’est plus grave, par le gouvernement actuel. Son attitude est une honte pour notre pays et son histoire, comme son silence face aux naufragés recueillis sur l’Aquarius, il y a quelques semaines.

Sur notre agglomération, malgré les déclarations de bonnes intentions auxquelles beaucoup s’étaient notamment livrés lors d’un conseil métropolitain extraordinaire à propos de l’accueil d’urgence, la situation n’est pas meilleure et les conditions d’accueil souvent déplorables. C’est essentiellement la responsabilité de l’Etat qui ne finance pas suffisamment. Mais c’est aussi une question de volonté locale. Comme pour cette délibération, nous serons pour notre part toujours en soutien des actions qui visent à accueillir. Il en va de vies humaines, et de notre dignité aussi. »

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