Aides au entreprises: apprenons-leur d’abord le code du travail !

Lors du conseil métropolotain du 19 mai, Jacques Padie a interpellé le président sa vice-présidente, Mme Calmels, sur les pratiques des entreprises qui surfent sur la révolution numérique. S’appuyant sur la mobilisation exemplaire des coursiers à vélos, l’élu communiste a exigé que la Métropole rappelle à ces entreprises les règles élémentaires du droit du travail.

« Cette délibération est, comme désormais toutes les affaires portées par Mme Calmels, traversée d’un langage entrepreneurial, toute entièrement tournée vers les mots croissance, attractivité et compétitivité. Nous ne pouvons hélas pas nous arrêter sur chacune, nous dirons simplement que cette méthode qui consiste à verser sans arrêt des fonds publics aux filières et entreprises privées, sans aucune contrepartie, a été largement éprouvée lors des deux derniers quinquennats, avec le succès ou plutôt l’insuccès que l’on sait.

Mais c’est pour une autre raison que nous voulions nous arrêter sur cette délibération, qui porte subvention à l’association d’entrepreneurs FrenchTech. Celle-ci entend, nous dites-vous, « aider à ce que la transition numérique soit porteuse de bénéfices économiques et sociaux pour tous ». Très bien. Pouvez-vous alors nous dire quelles sont les actions programmées par l’association FrenchTech pour sensibiliser ses membres au simple respect du droit du travail ?

Car ce secteur, de l’économie numérique, n’en fini pas de prendre des libertés avec ce droit essentiel. L’exemple le plus frappant, ce sont évidemment les entreprises qui embauchent des livreurs de repas à vélos. Depuis plusieurs années, ces entreprises ont envahis la ville ; 200 restaurants affiliés et 1000 coursiers pour la seule entreprise Deliveroo, sur Bordeaux. 1000 coursiers pas salariés, payés à la tâche, traités comme des pions au service des sacro-saints algorithmes.

Depuis quelques mois, certains de ces livreurs ont courageusement décidé de se syndiquer. Ceux-ci le disent clairement, ils sont dans le viseur de managers qui n’ont besoin que d’un clic pour les priver de leur outil de travail. Ce qui s’est d’ailleurs passé pour plusieurs dizaines d’entre eux qui s’étaient déconnectés lors du Marathon organisé par notre établissement. La ville coupée en deux, leur activité devenait impossible. Ce qui a conduit les managers de Foodora à supprimer leurs comptes, après avoir menacé d’encaisser le chèque de caution que les livreurs doivent déposer contre le prêt de leur uniforme de travail.

Encore une fois, ceux ci ne sont que des exemples de la manière dont se comportent ces entreprises chères au cœur du nouveau Président de la République.

Vous me direz, Mme Calmels, que notre établissement n’a pas compétence vis-à-vis de ces entreprises. Tout d’abord, je demande que soit étudié avec elles les conséquences de manifestations telles que le Marathon, comme notre établissement peut le faire avec des associations de commerçants. Ensuite, l’activité des livreurs a un impact non négligeable sur certains quartiers de Bordeaux dans lesquels les livreurs prennent des risques inconsidérés pour enchaîner les courses. Nous ne pouvons pas rester inactifs face à cela.

Enfin, puisque vous dépensez beaucoup d’argent dans l’organisation de certaines filières, dont celle-ci, il serait aussi de votre responsabilité de leur tenir un discours qui ne soit pas seulement truffé de croissance et de compétitivité mais aussi jalonné de respect du droit du travail, de protection sociale, d’hygiène, de sécurité et de santé au travail.

C’est aussi cela, à notre sens, le rôle d’une collectivité dialoguant avec les acteurs économiques. »

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