Assainissement : penser d’abord service public

Le conseil de métropole du 6 juillet a validé le choix d’Alain Juppé concernant l’entreprise retenue pour assurer la délégation de service public (DSP) sur l’assainissement sur l’agglomération. Le groupe des élus-es communistes, pour qui le premier choix était une régie directe, s’est abstenu sur ce sujet qui a fait couler beaucoup d’encre. Puis, Jean-Claude Feugas a expliqué pourquoi le groupe soutenait avec quelques réserves le schéma directeur proposé au même conseil.

En préambule donc, Max Guichard a souhaité replacer le sujet de ce dossier dans son contexte initial : « Lors de l’attribution de cette DSP en 1993 à la Lyonnaise des Eaux, le groupe communiste et républicain avait été le seul à dénoncer ce choix, qui allait devenir une véritable rente pour le délégataire sur la durée du contrat et de ses conditions. A cette époque, nous avions avancé et défendu la proposition que ce service d’assainissement soit géré par la CUB en régie directe.

Dans la précédente mandature, le président d’alors avait envisagé la mise en œuvre de cette gestion en régie et notre groupe avait soutenu ce choix politique. Les élections de 2014 ont modifié les rapports de force dans notre assemblée et la droite, devenue majoritaire, a donc validé le choix de privilégier le secteur privé. Notre groupe s’est donc opposé à cette décision politique. Un nouveau contrat a donc été élaboré pour une DSP portant sur la période 2019/2015.

Notre groupe a pu participer aux travaux du comité de suivi dans son analyse en lien avec les deux rencontres entre les représentants de la Métropole et les candidats SUEZ et Veolia. Notre base formelle de réflexion étant la recherche de la meilleure délégation de service public pour les usagers et la préoccupation des intérêts qualitatifs et financiers pour la Métropole et leurs impacts sur les usagers. Notre groupe ne fera pas de commentaire sur le fond de ce dossier, évitant ainsi toute relance de polémiques sur le choix final.

Celui-ci a été validé par le rapport de l’Inspecteur général des Services que je remercie pour son travail, avec des remarques justifiées, notamment sur le rôle politique des élus. Elles devront être prises en compte afin que, dans les futures négociations de DSP, la sérénité des débats soit assurée, avec la volonté d’une symbiose entre élus, fonctionnaires du service et assistance extérieure (AMO). C’est dans cet esprit que nous sommes favorables à participer au groupe de travail qui œuvrera en ce sens.

Le groupe s’est donc abstenu sur cette délibération mais a donné son accord sur le schéma directeur, saluant, par la voix de Jean-Claude Feugas, « la qualité de ce dossier pour une politique de l’eau à la hauteur des enjeux environnementaux et du développement de l’agglomération métropolitaine ». Volontairement, il n’a pas repris tous les chapitres mais relevé quelques remarques et questions importantes, comme celle des eaux pluviales ou celles, usées, en lien les stations d’épuration : « Au rythme actuel d‘investissement de Bordeaux Métropole (5M€ / an), il faudra 20 ans pour mener à bien les réalisations des travaux dans les zones les plus critiques », note Jean-Claude Feugas. « Pourquoi faire un tel choix d’étalement ? Est-ce un choix technique sur notre capacité à faire ou est-ce dicté par des contraintes financières ? Est-on en capacité de mesurer les investissements à venir sur nos stations d’épuration à l’horizon 2030 ou laissons-nous ces études et travaux pour le prochain schéma ? » L’élu lormontais note aussi que « le volet patrimonial pose, lui aussi, le besoin urgent d’investissements lourds ». Et de conclure : « Notre dernier conseil, avec l’analyse faite lors de la préparation du budget, a validé la bonne tenue des finances métropolitaines et un endettement raisonnable. Cela devrait permettre de faire un effort conséquent pour des investissements dont la nécessité est avérée dans ce domaine de l’eau et donc autoriser une prise d’emprunt réfléchie pour franchir un nouveau palier dans la défense contre les inondations, les améliorations sensibles des réseaux et du patrimoine ainsi que du respect de l’environnement. »

2 réflexions au sujet de « Assainissement : penser d’abord service public »

  1. Le gestionnaire actuel connaît les aspects techniques des installations.
    Un savoir – faire, documents, plans, schémas d’installations, pourraient disparaître lors du passage à un autre gestionnaire ?
    Cela poserait d’énormes problèmes.
    Une garantie est – elle prévue ?
    Les personnels restent – ils ?

    1. Les personnels doivent être transférés, ainsi que l’ensemble de leurs droits acquis. Les élus-es communistes y seront évidemment particulièrement vigilants.

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