Austérité. Quand le pyromane pleure sa maison en cendres…

Comme beaucoup de conseils municipaux, le conseil de CUB de ce 11 juillet a été saisi du projet de motion rédigée par l’Association des maires de France (AMF) dénonçant la cure d’austérité à laquelle les collectivités locales sont soumises. Une motion que le groupe socialiste de la CUB a souhaité amender pour justifier le « nécessaire effort de redressement des comptes publics ». Amendement inacceptable pour le groupe communiste, comme l’a expliqué Max Guichard au nom du groupe communiste.

« Nous comptions déclarer concernant cette motion que nous en partagions l’essentiel du contenu. Elle a d’ailleurs souvent été mise en débat dans les conseils municipaux à l’initiative des conseillers municipaux communistes et apparentés. Nous l’aurions votée tout en précisant Monsieur Juppé, que pour être juste, le décompte des baisses de dotations de l’Etat doit commencer avant 2013.

Déjà en 2012, lorsque vous étiez encore au gouvernement les dotations d’Etat avaient baissé de + de 2,5 millions d’euros pour la CUB, puis de 4,3 millions l’année suivante. Et si on suit les préconisations de l’UMP, dont vous avez récemment repris les rênes, ce n’est pas 50 milliards d’euros de réduction de dépenses publiques mais devront payer mais 140 milliards » !

Malgré ces impasses que portaient cette motion, nous l’aurions voté car dans son corps était centré le choix aujourd’hui nécessaire entre l’Humain et la finance. Mais voilà, après la réunion du Bureau, un amendement a introduit la notion, indépassable selon vous, de « participation à l’effort de redressement des comptes publics. » FERMER LE BAN !

Mais les 2 000 milliards d’endettement public : d’où viennent ils ?

Payer pour qui et pourquoi…. exactement ?

AusteritéEn fait, pour réduire la dette que le secteur bancaire nous a construit depuis des décennies et pour laquelle depuis la crise de 2008, il nous présente la note salée. Les banques que les États, c’est à dire nous, avons sauvé à grands renforts de centaines de milliards d’euros et qui se retournent aujourd’hui vers la puissance publique pour lui donner la leçon de bonne gestion…. il faut le voir pour le croire !

Voyez vous, là se trouvait une impasse de fond de cette motion proposée par l’AMF, mais au moins avait-elle la pudeur de ne pas être dépendante de ces politiques iniques.

Alors pourquoi cette provocation aujourd’hui sinon tenter de nous amener à soutenir tous ceux qui se déclarent amis de la finance et qui dans le même temps méprisent le mouvement social et ses représentants ?

Nous sommes tentés de dire à certains ici, comme ailleurs qu’on ne peut pas être à la fois celui qui allume l’incendie , qui continue à jeter les braises sur le foyer et celui qui pleure sur sa maison en cendres.

Et à ceux qui ne contestent que la brutalité de ces baisses, nous leur demandons de nous dire dans quel service public exactement, le poids de ces soi-disant nécessaires réductions doit peser ? Sur l’hôpital, qui est déjà dans une situation catastrophique ? Sur l’école qui manque déjà des moyens nécessaires à des réformes ambitieuses ? Sur l’Université qui est déjà au bord du dépôt de bilan ?

Donc comprenez que si nous nous trouvons aujourd’hui dans l’impossibilité de voter cette nouvelle motion, nous poursuivons et poursuivrons nos appels auprès de nos collègues de gauche et républicains à résister aux coups portés à la démocratie locale, en rejetant le big bang territorial, qui sacrifie les départements – souvent le dernier rempart aux souffrances de nos administrés – et en exigeant que la métropolisation ne sacrifie pas les communes à l’aune de la rentabilité financière.

 

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