Avec la loi ELAN, le logement pour tous en a pris un coup

Le conseil métropolitain du mois de juin a adopté des objectifs ambitieux de conventionnement de logements sociaux. Des ambitions qui sont freinées par une politique gouvernementale à rebours des besoins sociaux. Voici l’intervention d’Odile Blein, en juin dernier:

La lecture du compte administratif nous apprend que 14 communes de la métropole restent déficitaires en logements sociaux au regard de la loi SRU parmi lesquelles 5 ont dû s’acquitter de pénalités. La loi SRU, c’est-à-dire 25% de logements sociaux alors que 75% des ménages ont des revenus qui les rendent éligibles au logement social et alors que les promoteurs immobiliers continuent d’alimenter la spéculation sur notre territoire, continuant à chasser les plus fragiles en zones périurbaines. Ces petits rappels ne sont à mon sens pas inutiles pour commenter la programmation annuelle de logements sociaux.

Et, pour la troisième année consécutive, nous avons à constater des chiffres de réalisation qui sont fidèles à la programmation. Programmation que certains avaient jugé trop ambitieuse. Force est de constater que les services métropolitains parviennent à instruire les dossiers, ce que nous devons saluer. 4000 conventionnements en 2017, plus de 4000 encore pour 2018 ; c’est un effort conséquent auquel il faut ajouter le travail de la Fab sur l’accession abordable dans les opérations 50 000 logements. Nous avons également observé avec attention le travail mené par M. Mangon autour de l’encadrement du foncier. C’est une démarche que nous soutenons, même si nous avons bien entendu le discours du président des promoteurs immobiliers, M. Ferasse : pour lui, il faut construire plus petit et moins social et la loi du marché fera le reste…
Ce n’est évidemment pas notre conception de l’action publique. Mais il semble hélas que ce soit la philosophie du gouvernement et de sa majorité parlementaire. La loi ELAN adopté cette semaine constitue en effet un recul inacceptable pour le logement pour tous. En permettant de vendre 5 fois plus de logements sociaux qu’avant (40 000 par an contre 8 000 auparavant), en poussant les offices HLM au regroupement et en exonérant les villes carencées de leurs efforts, cette loi est une carte blanche donné aux spéculateurs et une fin de non recevoir aux 4 millions de mal-logés de ce pays.

Nous souhaitons donc que la métropole bordelaise ne suive pas cette voie et qu’elle poursuive au contraire ses efforts pour le logement social. Avec un bon niveau de PLAI-PLUS et une attention sur les PLS, dont le financement des résidences séniors et étudiants qui doivent être régulés, c’est une bonne programmation qui nous est proposée. Nous voterons donc pour cette délibération.

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