Bassins à flots: non à la plaque mortuaire !

 Le rapport soumis au vote du conseil de communauté de ce 13 juillet devait dresser le bilan de la concertation sur les Bassins à Flots. Mais étonnemment, les propositions très concrètes de revitalisation industrielle du quartier étaient absentes du rapport. De même que l’avenir de l’usine Lesieur menacée de fermeture sur Bacalan. Ce qui a provoqué l’intervention de Vincent Maurin.

Inutile d’insister ici sur le positionnement stratégique de ce quartier. Un quartier qu’on ne peut considérer « en devenir » que si les propositions d’aménagement s’appuient sur la richesse d’une histoire, d’un patrimoine et d’un savoir-faire ouvrier, d’infrastructures industrielles.

Soucieux de livrer le quartier aux promoteurs immobiliers, il semble qu'Alain Juppé a multiplié les obstacles à la faisabilité de l'activité de réparation navale sur les Bassins à Flot qui portaient pourtant la création de près de 200 emplois.

Le bilan de la concertation présentée ici montre la prégnance de ces questions. Oui, l’intervention citoyenne, que nous avons relayée, a fait bouger le projet. On sent un infléchissement en faveur d’une mixité fonctionnelle trop absente du projet Grumbach de 2004, prisonnier d’une commande destinée à faire table rase de l’industrie et de la présence de navires de grand gabarit. Mais avec le travail de Nicolas Michelin, arriverons-nous à optimiser pleinement le potentiel rare que représentent ces Bassins en Centre ville ? Aurons-nous l’ambition de concilier habitat, services et industrie ? Serons-nous de ces villes portuaires qui considèrent la voie d’eau non comme un obstacle au développement, non comme un simple atout touristique, mais comme un vecteur premier de développement durable pour l’économie, le transport, les déplacements ?

La réponse viendra de la mise en œuvre ou non du projet du Port de Bx sur le Bassin n°1. Projet de refit de yachts de grande envergure devant générer entre 5 et 600 emplois de 50 corps de métiers répartis sur plusieurs sites rive gauche et rive droite. Projet ardemment combattu par des promoteurs immobiliers dont la philanthropie ne se complait que dans la muséification de la plaque portuaire. Nous savons le dossier très avancé. Et sommes donc surpris de sa totale absence du projet présenté ici ! Alors que le bassin n°2 est évoqué avec la modernisation du port de plaisance et le maintien d’activités d’accastillage, black out sur le bassin n°1 !

Est-ce le signe que le bras de fer se poursuit avec les rapaces de la promotion immobilière bénéficiant d’oreilles complaisantes de nos collectivités ? La plaque portuaire continue sa mutation mortuaire. C Discount, Centre touristique du vin, Hôtel Balnéo, musée de la marine, résidences de standing… Finalement, peu d’originalité et surtout peu d’imagination et de courage à relever un défi moderne pour faire vivre les bassins et leur fleuve ! Lors de la conférence mondiale des Villes et Ports réunie à Nantes, le mois dernier, nombre d’exemples, y compris en France, prouvent que c’est possible.

Cerise sur le gâteau des promoteurs, CUB et Ville venez de sacrifier  l’usine Lesieur de Bacalan ! Nous vous avons d’ailleurs interpellé par écrit à ce sujet monsieur le président et aimerions savoir comment justifier une aide de 500 000 euros au groupe SAIPOL en novembre dernier si cela consiste à fermer un site et menacer de supprimer une vingtaine d’emplois.

Non seulement l'usine Lesieur de Bacalan ne doit pas fermer mais les collectivités doivent s'engager pour rendre possible le projet d'installation d'une activité de maintenance navale sur les Bassins à Flots. Activités qui pourrait créer des centaines d'emplois (http://www.vincentmaurin.fr/2012/06/22/430/)

 Enfin, quatre points nous semblent largement encore perfectibles.

La place de l’habitat social : il faut doubler le pourcentage de logements PLAI et PLUS parmi les 55% de logements aidés, quitte à réduire le nombre de logements privés.

– La volonté des habitants de voir créer de nouveaux équipements publics et lieux de rencontre n’a reçu qu’une réponse partielle de la mairie. Il faut aller plus loin.

– Les ambitions intéressantes en terme de mobilité seraient bien plus crédibles si l’accès à la rive droite privilégiait la mise en place du tram-train sur le pont Bacalan-Bastide et les navettes fluviales avec un ponton aux Bassins à flot, mais aussi à Claveau.

– Le stationnement occupe une place importante dans les réunions de concertation. Faisons attention à bien articuler objectifs de réduction de place de la voiture en ville avec principes de réalité et besoins des nouveaux habitants, travaillant majoritairement hors Bordeaux.

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