Ce n’est pas la droite qui a gagné la CUB. C’est la gauche qui a perdu ses bases

Voici l’intervention de Max Guichard à l’occasion de l’installation du nouveau conseil de CUB ce 18 avril. Conseil qui comprend 6 élus-es communistes et apparentée.

 Guichard-Max-CenonLes élections municipales ont profondément modifié la composition de notre conseil. La droite, que le peuple a congédié du pouvoir national il y a à peine deux ans, y est majoritaire comme jamais et monsieur Juppé en assurera la présidence durant 6 ans. Pour autant, j’ose dire, mes chers collègues, que ce n’est pas une victoire de la droite à laquelle nous venons d’assister. Qui donc pourrait bien parler de victoire quand plus d’un citoyen sur deux ne se déplace pas pour choisir son équipe municipale ?

Non, disons le sans détour, c’est bien la gauche qui a perdu ses bases et cette élection. Elle a perdu parce que nombre de ses électeurs ne se reconnaissent pas dans les choix du Président de la République, de son gouvernement et de sa majorité parlementaire qui n’ont eu de cesse depuis deux ans de tendre une oreille très complaisante aux exigences du MEDEF et de l’actionnariat financier, plutôt qu’aux travailleurs, chômeurs et précaires, retraités ou jeunes en soif d’avenir et lourdement victimes de l’austérité.

Hélas, le nouveau premier ministre n’aura pas mis une semaine pour enterrer les espoirs de changement et les appels à plus de justice sociale. Malgré un emballage en papier argenté, Manuel Valls a présenté un plan méthodique de détournement de 50 milliards d’euros d’argents publics au seul bénéfice du patronat et de ses actionnaires sans contre partie d’emplois et d’avancées sociales, sinon le contraire.

Un plan couplé d’un véritable bing bang territorial qui n’aura d’autre conséquence que la mise en pièce de la démocratie de proximité, via le charcutage des régions, le dépeçage des communes et la disparition pure et simple des conseils généraux.

Colere des peuples

Toutes choses contre lesquelles 100 000 citoyennes et citoyens se sont manifestés à l’appel du Front de gauche, dans les rues de Paris, le 12 avril dernier. Des citoyens rejoints, à leur manière par de nombreux parlementaires de la majorité qui ont dit à quel point ils désapprouvaient cette fuite en avant. Comme les citoyens abstentionnistes des 23 et 30 mars dernier, ils et elles n’ont hélas pour l’instant pas trouvé le chemin de la résistance. Mais cette colère, ces exigences, pour une politique de justice, par laquelle la finance devra faire place à « l ‘Humain d’abord », se feront entendre dans cette enceinte par les voix des élus-es communistes et apparentés.

Conformément à notre position exigeante mais constructive au sein de la CUB, nous avons signé l’accord de coopération communautaire. Mais ce n’est évidemment pas pour nous taire, soyez en assurés. Bien au contraire, en appui de ce texte qui laisse toutes les options de gestion largement ouvertes, le groupe communiste de la CUB continuera à affirmer son identité, ses propositions. Et nous comptons que la gauche soit suffisamment unie pour faire vivre les points essentiels de ce qui était notre plate-forme commune.

Pour le droit au logement pour tous, en démultipliant la construction de PLAI et PLUS à hauteur de 50 %. Droit au logement qui doit fonctionner avec une recherche d’une meilleure maîtrise énergétique et de l’amélioration de la qualité environnementale

Poursuite de la politique d’appropriation sociale et de tarification sociale sur l’eau et l’assainissement. C’est-à-dire la poursuite de la baisse de 10 % du coût de la facture dans le cadre d’une gestion pleinement publique permettant notamment aux usagers d’assumer un rôle de contrôle essentiel, et une expertise citoyenne en matière de nouvelles ressources nécessaires à une réponse aux besoins de tous dans un cadre environnemental préservé.

Une politique de déplacement toujours moins coûteuse, tendant vers la gratuité, avec des transports collectifs plus rapides et en totale sécurité dont le rail serait l’épine dorsale avec notamment la réalisation rapide de la ligne de ceinture SNCF.

L’emploi, objectif majeur pour une reconquête économique et sociale en appui de l’emploi industriel qui devra irriguer tous les espaces de notre agglomération comme à Euratlantique, en le rapprochant ainsi du lieu d’habitat comme le refit à Bacalan.

Le fleuve, le fret, le tramway devront devenir des axes de transports propres pour un tel développement s’appuyant sur les nouvelles technologies dans toutes leur diversité

Notre environnement ne pourra se limiter à la seule sanctuarisation des 55 000 ha mais en lui donnant tout son sens avec ses déplacements dont la voiture propre et notre lien avec une agriculture locale, en circuits cours et imposant au secteur privé sa commercialisation. :Presqu'ile Ambes

Ces seuls chantiers de compétences communautaires, nécessiteront évidemment que :

Que l’État revienne sur son inacceptable politique de réduction des dépenses publiques et notamment annule son projet d’imputation de 14 milliards d’euros aux collectivités locales.

Que le secteur bancaire qui se gave de nos placements personnels (salaires, pensions notamment) crée une politique d’aide à taux très bonifié en direction des investissements publics et des PME pour le développement de l’emploi et la qualité environnementale des projets.

Enfin que nos propres aides aux entreprises aient une rigueur vérifiée et vérifiable en matière de créations de vrais emplois correctement rémunérés. Et qu’elles ne viennent pas suppléer des actionnaires qui se serviraient des dividendes de la main droite en réclamant de l’argent de la main gauche.

Pour faire vite dans ma conclusion, j’affirmerais que notre future Métropole prévue au 1er janvier 2015, ne pourra se réaliser que dans le cadre de ces types de financement comme bouclier social, de respect des compétences et de moyens pour nos communes qui pourront ainsi rester un pôle de démocratie de proximité.

Vous l’avez donc compris, monsieur Juppé, nous respecterons votre élection sortie des urnes. Mais vous trouverez un adversaire déterminé chaque fois que vous tenterez d’avancer contre la justice sociale, par exemple sur les tarifs des services publics, contre la maîtrise publique de bien essentiels comme l’eau, ou contre l’atout du service public que sont les effectifs de nos collectivités locales.

Les élus communistes et apparentés, pour ce qui les concernent, en prennent l’engagement solennel.

Une réflexion sur « Ce n’est pas la droite qui a gagné la CUB. C’est la gauche qui a perdu ses bases »

  1. Je suis d’accord avec cette déclaration.
    Nous aurons besoin d’un travail en lien les élus CUB, puisque nous élus à Floirac ville de la rive droite directement impactée par Euratlantique notamment.

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