Cette métropole qui cache un déni de démocratie

Eurocités, c’est un réseau d’élus des grandes villes européennes. Mais un réseau de lobbies qui a pour objet d’influencer les décisions des institutions européennes. Un réseau qui souhaite donc contourner les voies démocratiques pour favoriser les « intérêts réciproques » des grandes « métropoles ». Une logique à laquelle, par la voix de Claude Mellier, le groupe communiste s’est frontalement opposé.

 

Cette proposition d’adhésion à un réseau de grandes villes européennes pose, de nombreuses questions. Notre réflexe premier serait d’accueillir avec enthousiasme une proposition de mise en réseau qui pourrait signifier partage et échanges avec les élus de grandes villes du Continent. Mais, dès son introduction, la délibération proposée calme cet enthousiasme. L’objectif poursuivi est clairement affiché : « devenir une métropole européenne ». Comme toujours, il faut savoir lire entre les lignes : l’objectif de cette association, et donc de l’adhésion de notre établissement, est l’organisation de la mise en concurrence des grandes métropoles européennes. Le projet métropolitain voté en novembre dernier, sur lequel nous nous sommes abstenus, n’envisageait-il pas de « mieux armer la CUB face à la concurrence croissante que se livrent aujourd’hui les grandes villes » ? Nous restons fondamentalement opposés à cette vision des métropoles européennes .

Malgré cela, nous aurions pu partager la volonté de participer à ce réseau qui, malgré tout, propose de créer des coopérations et des échanges entre décideurs de ces grandes villes. Mais, en y regardant de plus près, qu’est-ce vraiment que cette association Eurocités ? Un outil de lobbying au service des grandes villes pour favoriser leurs « intérêts réciproques » (on notera que comme dans la guerre économique, les intérêts ne sont jamais communs ni même partagés mais « réciproques »…). Intérêts qu’Eurocités a pour charge de faire valoir auprès des instances de l’Union européenne. C’est d’ailleurs sûrement pour cette raison que les adhérents de cette association qui ont le déshonneur de ne pas faire partie de cette Union européenne sont cantonnés par les statuts à un rôle d’observateurs !

Nous avons la naïveté de penser que pour faire valoir leurs intérêts auprès de l’UE, les habitants de l’agglomération bordelaise disposent d’un bulletin de vote. Bulletin qui sert aussi à élire des députés au parlement européen. Et même si nous jugeons le fonctionnement démocratique de celui-ci très insuffisant, nous ne pensons pas que ce soit une fatalité.

Dans la suite de notre vote contre le projet de constitution européenne en 2005, nous pensons que cette Europe doit être radicalement changée pour être dégagée du pouvoir de la finance et des intérêts égoïstes.

La logique inverse de ce qui nous est ici proposée.
Voilà pourquoi nous voterons contre cette adhésion

 

Voir aussi la déclaration de notre camarade Gilles Ravache, à la région Rhône-Alpes, sur le thème des métropole: http://www.elunet.org/spip.php?article21173 

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