Cofinoga: les élus communistes font bouger les lignes !

 En début de conseil de ce 17 février, Max Guichard a fait une nouvelle intervention sur la situation de l’entreprise Cofinoga. Suite à cette intervention des élus communistes, la motion présentée par le maire de Mérignac (Michel Sainte-Marie), a été largement amendée pour faire référence à la nécessité de réunir une table ronde, imposant un moratoire pour arriver à un objectif: Zéro licenciement ! Satisfait, Max Guichard a indiqué qu’il l’aurait été pleinement si le Sénat n’avait pas, la veille, rejeté la propostion de loi des sénateur communistes visant à interdire les licenciements boursiers !

Un mois a passé depuis l’annonce par Cofinoga de la suppression de 397 postes à Mérignac et plus de 430 dans le pays. Nous nous félicitons toujours de la prise de position quasi-unanime visant à mettre les actionnaires principaux de Cofinoga (BNP et Galeries Lafayette) devant leurs responsabilités. Mais un mois après cette annonce et alors que le comité central d’entreprise de Cofinoga est en ce moment même réuni, nous sommes en droit de demander ce qui a évolué dans ce dossier. A ce titre, je ne peux que regretter que la proposition que nous avions faite de constituer un comité de suivi au sein de la CUB n’est pas été retenue. Elle nous aurait par exemple permis de connaître précisément la teneur des justifications que par courrier, le PDG de BNP a donné aux présidents de la CUB, du conseil général, du conseil régional et aux maires de Bordeaux et Mérignac. De même, la proposition de réunion par le préfet d’une table ronde avec les organisations syndicales, les élus et la direction de l’entreprise n’a semble-t-il pas retenu l’attention. Elle aurait pourtant permis d’extraire les élus du personnel de Cofinoga du face-à-face dans lequel ils peuvent se retrouver parfois seuls avec leur direction.

 

L'amendement des élus communistes permet que la motion de la CUB ne porte pas simplement une indignation morale mais dote la CUB d'outils pour un objectif: Zéro suppression de poste !

Car, de ce que nous en savons, les propositions de celle-ci sont très en-dessous des possibilités qu’offrent les milliards d’euros de bénéfices des actionnaires de Cofinoga. Nous restons pour notre part convaincus que la mobilisation de tous peut permettre d’atteindre un objectif clair : Zéro licenciement, Zéro suppression de poste !

Nous avons noté que ces points font consensus parmi les syndicats. Et avons accueilli avec beaucoup d’intérêt la proposition de la fédération des Banques et Assurances de la CGT qui propose une reprise des activités Cofinoga au sein de BNP, en lien avec celles de l’ancien Cetelem, au sein de BNP Personal Finance. Au nom de mon groupe, je renouvelle donc la proposition de réunion d’une table ronde pour sauver l’emploi chez Cofinoga et l’exigence d’un moratoire pour l’accompagner. 

 

MOTION COFINOGA (votée à l’unanimité du Conseil de CUB)

Mesdames, Messieurs,

Le 20 janvier dernier, la direction de LaSer Cofinoga avait annoncé la suppression de 433 postes, dont 397 à Mérignac (Gironde), 44 à Paris, 19 en agences et deux à Jurançon (Pyrénées-Atlantiques).

 Au moment même où la BNP, action majoritaire de COFINOGA vient d’annoncer près de 6 milliards d’Euros de bénéfices, les salariés girondins et l’intersyndicale n’ont de cesse d’interpeller l’État et l’ensemble des pouvoirs publics pour endiguer le déploiement des plans de sauvegarde de l’emploi que la direction annonce sous prétexte d’une asphyxie persistante de l’activité économique du secteur. N’oublions pas que lorsqu’elle s’est trouvée en difficulté, la BNP a bénéficié d’un fort soutien de l’État sous forme de 5 milliards d’actions de préférence.

Toutes et tous, sommes en mesure de comprendre que la crise touche aussi le secteur du crédit à la consommation, mais nous ne devons pas accepter que la BNP sacrifie de la sorte ses salariés et au final sa filiale.  Nous devons rester extrêmement vigilants. Il est par ailleurs troublant de constater que dans le même temps, certaines filiales du Groupe BNPP ont réussi à affronter sans encombre les nouvelles conditions du marché qui servent aujourd’hui à justifier ce plan sans précédent. De la même manière, il est incompréhensible que le savoir faire de Cofinoga, reconnu pour les compétences de ses salariés sur les métiers du recouvrement, ne soit pas durablement mutualisé au sein du groupe.

COFINOGA ne perd pas d’argent, mais en gagne moins que ses derniers exercices. Selon son rapport financier, son résultat net du premier semestre dégage un excédent de 30,8 millions d’euros avec une production de crédits en hausse de 9,9% dont 3% en France. Cofinoga et ses salariés ne sont donc pas un boulet pour la BNP.

Cofinoga est, pour notre agglomération, plus qu’une simple filiale de groupe : c’est le premier employeur privé de notre métropole, et c’est aussi une entreprise capitale pour l’activité locale, par le nombre d’emplois induits qu’elle fait vivre. La place de Cofinoga dans notre agglomération ne peut être remise en cause sans bousculer profondément l’activité locale et la pérennité de nombreuses entreprises.

Le 20 janvier dernier nous avons déjà évoqué cette catastrophe qui impacterait lourdement l’économie et l’emploi de notre agglomération et nous avons toutes et tous partagé l’inquiétude légitime des salariés que nous avons rencontrés. Ces dernières années, nous avons su nous mobiliser tous ensemble en faveur de la Sogerma ou de Ford.  De même, de nouveau, nous nous engageons, en élus responsables, tous ensemble dans cette nouvelle bataille de l’emploi aux côtés des salariés et de leurs familles.

Nous demandons que le préfet réunisse une table ronde, associant l’ensemble des acteurs concernés (direction, salariés, élus locaux). En attendant cette table ronde, nous demandons à la direction de COFINOGA qu’un moratoire sur les licenciements soit observé. Nous gardons comme objectif « 0 » licenciement. »

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *