Collecte: c’est le loup qui rentre dans la bergerie !

C’est à l’occasion d’une délibération autorisant le recours à un agent contractuel, que Max Guichard a pu revenir sur la privatisation programmée de la collecte des déchets dans l’hyper-center, lors du conseil de métropole du 27 octobre.

Cette délibération s’affranchit d’abord trop rapidement d’une recherche qui devrait être approfondie d’un profil de poste au sein des agents titulaires. Le Code de la Fonction Publique donne lui-même le temps et les moyens pour que le service concerné recrute un agent titulaire.

Cette question, dans son fond et sa forme, est d’autant plus sérieuse qu’elle se situe dans le cadre des circuits de la collecte des déchets ménagers que vous êtes en train, Monsieur le Président, de vouloir commencer à privatiser, notamment sur le quartier historique de Bordeaux.

C’est un pan majeur du service public qui se trouverait ainsi démantelé et offert au privé. Même si cette question viendra lors d’une délibération d’un prochain conseil de métropole, je ne devance pas l’appel tant ce projet est fortement avancé et, surtout, provoque un grand émoi chez les agents de collecte. Je sais, Monsieur le Président, que vous êtes sur le point d’aboutir à un accord avec certains syndicats. Cela n’enlève rien à l’exigence que j’ai entendue chez ces agents du maintien d’un réel service public sur le territoire. C’est un principe sur lequel nous resterons aussi inflexibles.

En effet, Monsieur le Président et peut–être, malheureusement, Monsieur le vice-président aux ressources humaines, cet essai de privatisation au sein du centre historique de Bordeaux est le loup qui rentre dans la bergerie pour, demain, dévorer l’ensemble du service de la collecte et d’autres services à venir. C’est déjà le cas pour les employés du ménage ou de la sécurité qui ont à souffrir, au sein de nos bâtiments, de cette démarche privative avec un régime social des plus précaires.

Ce d’autant que cette voracité du privé aux dépends du service public est dans l’air du temps, soufflé notamment par la troïka présidentielle Sarkozy – Hollande – Macron. Mais vous, monsieur le Président, qui nous accusez régulièrement d’avoir un discours idéologique donnez-moi, s’il vous plait, la raison non-idéologique, non-politique, de cette volonté de mise en cause du service public, notamment quand 80 % des usagers concernés par cette collecte se trouvent satisfaits du service rendu et des problèmes techniques faisant encore réellement problème peuvent trouver solution si vous décidez, enfin! d’écouter et d’entendre les propositions que vous font les agents de la collecte. Enfin, quand on a, comme vous hélas ! une approche comptable du service public, nos expériences ici, tant au niveau des transports que de la gestion de l’eau et de l’assainissement, la gestion privative des parkings montrent, non seulement que le privé n’est pas porteur de miracles mais, par contre, que la gestion publique directe, comme ParCub par exemple, montre une qualité de gestion et de service largement reconnue.

 

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