Comment les banquiers prennent le pouvoir de nos villes, régions et département. Et pourquoi il faut les stopper.

La nouvelle ne fera peut-être pas grand bruit. Quelques lignes dans la presse économique au plus. Mais l’étude décrite par l’AFP qui révèle qu’une collectivité sur quatre a dû retarder ses investissements faute d’accès au crédit devrait alerter tous les élus du pays. Car ce que révèle cette étude c’est que les banques qui ont contribué à nous plonger dans la crise, continuent  d’asphyxier l’économie et ce que nous avons de plus précieux en commun : les services publics.

Restreignant l’accès aux crédits, les banques mettent leur veto spécial sur des projets d’utilité sociale: içi la rénovation d’une école de banlieue, ailleurs la réalisation d’une salle de spectacle, là-bas l’investissement dans les transports en commun,… Dans l’état actuel des choses, si les collectivités veulent s’en sortir elles n’ont d’autre choix que de retarder ces investissements ou, pire, de recourrir au marché obligataire et donc de subir la loi des agences de notation qui, elles aussi, ont une belle part de responsabilité dans la crise actuelle. Voilà où nous mène leur logique !!!

Tout ceci a un résultat, innocemment relevé par les auteurs de l’étude en question: « la progression des charges financières des grandes collectivités (qui) devrait s’accroître ». Les charges financières. Celles dont on ne parle jamais. Non, à la télé, dans les journaux, les charges sont toujours « sociales ». Notre sécurité sociale coûte trop cher, disent-ils. Mais les intérêts des banques, qui en parle ? En 2010 pourtant, les cotisations sociales patronales (charges sociales) ont pesé pour 145 milliards d’euros pour les sociétés non financières contre 308,8 milliards d’euros de prélèvements financiers (intérêts aux banques et en dividendes aux actionnaires). Soit 2,13 fois les «charges sociales » !

Il est donc urgent que les élus, les syndicalistes, les usagers des services publics, les citoyens, mettent un coup d’arrêt face au secteur bancaire. A la CUB, depuis de nombreuses années, les élus communistes et apparentés exigent la tenue d’une conférence bancaire. Son but, réorienter le crédit, changer les critères. Plus un investissement serait utile socialement, et par exemple créateur d’emplois, plus le taux d’intérêt serait bas. Plus l’investissement aurait pour objet d’alimenter la machine à spéculer, plus le taux d’intérêt serait élevé.

Nous ne pouvons plus regarder les villes, les départements et les régions s’enfoncer dans l’austérité sans rien dire. Les peuples grecs, portugais, espagnols ont payé trop durement ces erreurs pour que nous laissions faire. Il faut convoquer ce type de conférence rapidement, avec le soutien actif des salariés et des citoyens pour montrer aux banquiers que le changement de cap, c’est maintenant !

 

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