Compte administratif: hommage aux fonctionnaires

Le conseil métropolitain du 15 juin a étudié le compte administratif 2017. Une année marquée par des volumes d’investissement très élevés et par un taux de réalisation très haut. Claude Mellier a, pour le groupe communiste, salué le travail des fonctionnaires qui ont fournis ces efforts.

La teneur du compte administratif qui vient de nous être présenté inspire à mon sens avant tout un hommage appuyé aux quelques 5000 fonctionnaires de la métropole et des services mutualisés. Depuis des années, certains rabâchent un discours dénigrant, dévalorisant, culpabilisant sur les agents des services publics : ils seraient trop nombreux, pas assez polyvalents, prendraient leur retraite trop tôt, ne seraient pas assez productifs,… Un discours devenu dominant qui guide les choix budgétaires, chacun n’ayant que la réduction de la dépense publique à la bouche. Tant et si bien que l’emploi territorial commence pour la première fois à baisser dans notre pays et que les agents de la métropole et de nos communes ont été soumis à une mutualisation dont nous continuons de penser qu’elle a été menée à marche forcée et trop souvent contre les agents.

Les chiffres présentés à l’instant par M. Bobet sont éloquents et on serait bien en peine de trouver pareil dévouement et pareille productivité dans bien des entreprises privées. La comparaison s’arrêtant là puisque les presque 2 milliards de dépenses engagées par nos services ne l’ont été au seul bénéfice de l’intérêt commun des populations, en matière de transports, de logements, de travaux de voiries ou d‘équipements de proximité. Avec 78% de taux de réalisation et des volumes de dépenses records dans des domaines très importants, c’est la dynamique démographique de notre agglomération qui est d’abord mise en évidence. Celle-ci nécessite une adaptation urgente des équipements, notamment sur les transports. On ne peut à cet égard que regretter le retard occasionné par le recours porté sur le BHNS Bordeaux-Saint-Aubin. Mais, avec des taux de réalisation supérieurs à 80% sur les transports et à 90% sur le logement, on comprend aussi qu’on est au bout de ce que peuvent faire les services mais pas forcément au bout de ce qu’exigerait la situation sociale.

Pour ces raisons, évidemment, nous soutenons le mouvement de grève des agents de la métropole qui réclament une juste et équitable revalorisation de leurs carrières. Et nous nous opposons à l’acceptation générale de la réduction des dépenses publique, qui s’est notamment exprimée au travers de la contractualisation avec le gouvernement de M. Philippe.

Une autre question est d’ailleurs à venir, c’est celle du recours à l’emprunt qui sera nécessaire dans les années à venir pour poursuivre nos efforts d’investissement. Nous constatons simplement à ce sujet que plus de 50% de la dette de la métropole est aujourd’hui détenue par des institutions publiques ou semi-publiques (BEI, Banque Postale, Caisse des dépôts,…). C’est pour nous la logique que la dette publique n’alimente pas des taux d’intérêts privés. La démarche engagée par la CDC autour d’une « banque des territoires » va donc dans le bon sens, même si là aussi, l’avis des agents de la CDC semble être le dernier des soucis de ses dirigeants. Mais c’est vers un pôle public du financement local qu’il faudrait aller, pour permettre de financer durablement dans de bonnes conditions les investissements utiles aux populations.

Enfin, cet effort d’investissement nécessite des recettes puisées de manière juste dans les richesses crées sur le territoire. Cela pose la question, trop rarement abordée, de la fiscalité des entreprises. Les investissements réalisés par les collectivités locales participent à la bonne santé du tissu économique local ; il paraîtrait juste que celui soit mieux mis à contribution par l’impôt. C’est un chantier autrement plus urgent que le recours au mécénat dans lequel notre établissement a plongé avec un retour très en-dessous des espérances : 120 000 euros pour le pont de Pierre. Autrement plus urgent aussi que les augmentations de tarifs qui, en plus d’être injustes, n’apportent pas de réponse durable.

Dans ces conditions, nous approuvons donc ce compte administratif dont les bons résultats sont à mettre au crédit du dévouement des agents du service public.

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