Contre l’insécurité alimentaire: revenir à une maîtrise publique

Près de deux ans après leur fermeture, les abattoirs public de Bordeaux font encore l’objet de délibérations techniques en conseil de CUB. Des occasions que les élus communistes et apparentés ne laissent pas passer, pour rappeller leur opposition totale à cette fermeture et leur inquiétude face aux scandales alimentaires qui font l’actualité. Une intervention de Michèle Iste :

L’actualité de ces dernières semaines a mis en lumière les conséquences de la logique de l’argent pour l’argent sur la question alimentaire. L’affaire de la viande de cheval en lieu et place de viande bovine a défrayé la chronique jusque dans les cantines scolaires de Bordeaux et Mérignac.

Nous avons pu voir ainsi l’effarant circuit que suit la viande avant d’arriver dans nos assiettes: elle passe d’un pays à l’autre et d’un acteur économique à l’autre sans réelle traçabilité. Estimons-nous heureux quand il ne s’agit que d’une tromperie alimentaire et que, pour l’instant, aucune conséquence sanitaire n’ait eu lieu.

Mais cette actualité pose de nouveau la question de la place des pouvoirs publics et plus largement du service public et de sa gestion en matière de sécurité alimentaire. Il y a 150 ans, les autorités avaient fait de l’abattage public une priorité sanitaire pour mettre fin à ce que l’on appelait à l’époque « les tueries » (abattage libre dans la rue). Puis c’est au nom de la liberté d’entreprise, de la libre concurrence, que l’on a mis à mal l’ensemble des abattoirs publics qui sans être parfaits, jouaient un rôle essentiel dans le circuit de la viande.

La liberté laissée à la grande distribution, aux grands maquignons, nous place aujourd’hui devant les questions essentielles de la santé, la sécuritaire alimentaire, mais aussi l’enjeu de l’agriculture locale et familiale, le développement de circuits courts… Avant que d’autres dérapages ne se produisent, et peut-être plus graves, il faut que l’Etat, les collectivités reprennent la main sur cette question.

C’est cette position qui nous a amené à défendre le maintien de l’abattoir et par la suite, à défaut celui piloté par le groupement des éleveurs girondins (GEG). Nous restons convaincu que c’est une faute qui a été commise avec cette fermeture.

Mais il n’est jamais trop tard pour se rattraper. Ce qui a été défait hier, peut être refait aujourd’hui, en étant en adéquation avec les besoins des populations. Avec l’Etat, les collectivités, de nouvelles règles peuvent être mise en place, avec comme but principal, non la liberté d’entreprise ou la liberté de faire des profits, mais la sécurité, la qualité, le développement territorial et la préservation de l’environnement.

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