De l’urgence des arrêtés anti-expulsion

« Ce n’est pas le moment ! » Voilà ce qu’ont répondu les élus socialistes à Michel Olivier, vice-président communiste à la CUB lorsqu’il a  proposé aux maires de l’agglomération de prendre des arrêtés anti-expulsions. Depuis le 15 mars et la fin de la « trêve hivernale », les expulsions locatives peuvent pourtant reprendre. L’occasion pour le groupe communiste de revenir sur la politique de la CUB en termes de logement et notamment sur la pratique de rachat au prix fort d’opérations sur plan (VEFA) auprès des promoteurs immobiliers. Comment socialiser les pertes quand on a tant privatisé les profits…

Chers collègues, monsieur le président, vous avez pris l’habitude d’enregistrer l’opposition systématique de notre groupe sur les opérations d’acquisition en VEFA. Et pour cause, non content de répondre à l’effort exceptionnel de 30 000 logements financés par les collectivités locales, ordonné par le gouvernement à l’occasion de son plan de relance en 2008, notre établissement a décidé de poursuivre cette pratique. La preuve, la présentation à la présente assemblée de l’acquisition par les bailleurs sociaux de pas moins de 129 logements. Acquisitions pour lesquelles ces organismes demandent à la CUB d’apporter sa garantie sur des prêts qui représentent pas moins de 13,2 millions d’euros.

Pour nous, faire reprendre par les bailleurs sociaux des opérations que les promoteurs et autres aménageurs ne peuvent plus assurer, c’est ni plus ni moins que socialiser les pertes pour mieux privatiser les profits. Et c’est d’autant moins acceptable que l’Etat ne cesse de se désengager du logement social (-8% sur le logement social en 2012). Désengagement qu’il a bien du mal à cacher derrière le recours accru aux fonds propres des organismes HLM eux-mêmes.

Au plus fort de la vague de froid, les élus communistes de la CUB ont tenu une conférence de presse sur le chantier GINKO pour exiger plus de logements sociaux dans toutes les opérations en cours. La vague de froid est passée mais l'exigence reste.

Nous en profitons pour attirer votre attention sur l’étude que la chambre départementale des notaires vient de publier. Vous l’avez tous vu en une des journaux, les prix de l’immobilier continuent de flamber en Gironde et particulièrement dans la CUB. Une flambée qui touche d’abord les jeunes ménages. 13% d’acquéreurs seulement ont moins de 30 ans. Ils étaient 16% il y a trois ans à peine. Ces chiffres ne font que renforcer notre détermination à voir 50% de logements  sociaux et très sociaux dans chaque grande opération. C’est pour nous une des conditions essentielle de la réussite de l’ambition de densification juste et solidaire de notre agglomération à l’horizon 2030.

Enfin, monsieur le président, chers collègues, permettez-moi un mot particulier puisque depuis hier, la pratique scandaleuse de l’expulsion locative est de nouveau autorisée. Pratique dont tout le monde se scandalise mais pour n’en ont pas moins augmenté de 26% en dix ans. Comme notre groupe l’a fait valoir il y a quelques semaines, il ne suffit pas de pleurer sur le mal-logement quand il fait froid. C’est toute l’année qu’il faut se mobiliser pour garantir le droit de chaque individu à disposer d’un toit.  Nous invitons donc tous les maires de l’agglomération à prendre dès maintenant des arrêtés anti-expulsion afin d’apporter leur pierre à la réalisation concrète de ce droit.

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