De l’urgence d’une conférence bancaire

Très bonne réunion des élus communistes de la région Aquitaine, samedi dans les locaux du conseil régional. L’occasion d’un échange entre élus municipaux, des conseils généraux et du conseil régional autour de la nécessaire résistance aux politiques d’austérité. Et de l’utilité d’être force de proposition. Encore de nombreux exemples de collectivités et entreprises qui ont du mal à trouver les crédits indispensables au développement de projets utiles en terme d’emplois et/ou de services publics. Ce qu’avaient déjà dénnoncé les élus communistes, le 24 novembre dernier, en proposant la réunion d’une conférence bancaire. Rappel des propos de Max Guichard, président du groupe des élus communistes à la CUB, Jean-Jacques Paris, conseiller général de Bègles, Claude Mellier, sercrétaire départementale de l’ADECR et élue de la CUB et Alain Baché, conseiller régional.

 

 

« Nous venons d’assister, en Grèce et en Italie à des coups d’état institutionnels, qui ont intronisé les agents très spéciaux des grandes banques mondiales vu arriver à la tête de ces pays. Mais la guerre à laquelle se livrent les spéculateurs montre bien les limites d’un système, le capitalisme, arrivé à bout de souffle. C’est une situation qui appelle de nouvelles réponses qui sortent des dogmes de la finance, de la rentabilité et par là-même, des logiques de rigueur imposées à l’ensemble des pays de la zone euro.

 

Car, malgré les dénégations du patron de la banque de France et du gouvernement, le robinet du crédit est en train de se fermer, tant pour les collectivités locales que pour le tissu de PME. L’exemple de la ville de Floirac et de son école, qui a été médiatisé, est l’illustration de cette réalité. Cet assèchement du crédit, qui fait suite à celui de 2008, risque d’avoir de lourdes conséquences pour nos concitoyens et pour l’emploi de notre région. Pour nos concitoyens parce que, comme le montre l’exemple de la ville de Floirac, ce sont les projets utiles à l’ensemble de la population qui sont remis en question ; pour l’emploi parce que le refus de prêt peut entraîner la défaillance de nombre de petites entreprises qui n’ont pas la trésorerie pour faire face à la crise.

 

A l'issue du conseil municipal, les élus communistes de Floirac ont dénoncé l'attitude des banques qui bloquent la rénovation de l'école Léon Blum. Et l'attentisme de la municipalitéqui repousse celle-ci.

Et si des prêts existent, ils sont aujourd’hui accordés à des taux prohibitifs, alors même que la BCE vient de baisser son taux directeur. Cette situation vient s’ajouter au désengagement de l’État qui met à mal l’ensemble des finances des collectivités, imposant ainsi une double peine à nos concitoyens. Face à cette situation, la riposte ne peut être l’asservissement aux marchés financiers comme le fait le gouvernement avec son nouveau plan de rigueur. Bien au contraire, nous pensons que le politique se doit de reprendre la main. Pour ce faire, nous proposons qu’à l’échelle de notre région, une conférence bancaire soit organisée.

 

Une conférence qui pourrait réunir acteurs bancaires, collectivités locales, entreprises et représentants des salariés. Ce serait l’occasion pour nos collectivités de reprendre la main et d’obliger le secteur bancaire à réorienter l’argent, qui n’est autre que le dépôt de l’ensemble des Aquitains, vers des projets utiles pour l’ensemble de nos populations. Par la mise en place de cette conférence nous voulons permettre de réinjecter du crédit dans le circuit économique afin de répondre aux besoins des populations, tant dans nos collectivités que dans les entreprises, avec des taux qui ne soient pas prohibitif.  L’ensemble des collectivités dans lesquels nous siégeons peuvent de part leurs poids politique et économique, être à l’initiative d’une telle conférence.

 

 

 

Outre l’aspect économique essentiel d’une telle initiative, celle-ci doit-être un signal fort d’une reprise en main par le politique et les citoyens de l’enjeu essentiel de la maîtrise de l’argent et de sa création. Pour ce faire outre l’ensemble des collectivités que nous interpellerons lors des débats budgétaire comme ça déjà pu être fait au conseil régional, nous interpellerons l’ensemble des maires tant des grandes que petites communes. D’autre part nous envisageons d’interpeller l’ensemble des syndicats pour leur faire part de cette proposition ainsi que bien sûr prendre leurs avis, et le cas échéant envisager des action communes. Car dans la période actuelle toutes inaction, ou report en attendant des jours meilleurs  serait préjudiciable pour la vie de nos concitoyens.

 

A Oloron-Sainte-Marie (64), l'espace Laulhère, pourtant urgente, attendra le bon vouloir des banques. http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2011/12/07/collectivites-des-prets-moins-aises,220406.php

 En ce sens nous ne pouvons attendre l’issue des élections présidentielles et législatives. Nos collectivités, le tissu de PME  et notre région ont besoin de réponses immédiates pour leur financement. Il n’est donc pas envisageable pour nous que tout soit mis en « stand by »d’ici le mois de juin. D’ailleurs, l’annonce des suppressions de poste à PSA ou bien les annonces faites par Moody’s montrent bien qu’il n’y aura pas de trêve.

 

 En fin pour conclure et laisser place à vos questions, je tiens à vous préciser que nous inscrivons cette demande de conférence dans une démarche plus fondamentale de construction d’un nouveau système monétaire et financier. Comme clef de voûte de ce système une banque centrale européenne réformé sous maîtrise public,  permettant un nouveau type de financement notamment des Etats à des taux très faibles comme c’est les cas aujourd’hui des banques, ce qui cesserait faire peser sur les Etats un service de la dette qui est devenu les deuxième budget en France.

 

Pour notre pays la création d’un grand pôle public bancaire autour de La Poste, de la CDC, mais aussi de l’ensemble du réseau mutualiste, permettant un nouveau type financement des collectivités bien évidemment mais également de l’activité économique. Tant pour la BCE que pour ce nouveau pôle public il faut instaurer de nouveau critère pour le crédit qui ne sont ceux de la rentabilité, mais les projets utiles aux populations pour les collectivités, la création d’emplois, la mise en formation des salariés.  De tels crédits seraient très bas. Pour ceux qui souhaitent continuer à spéculer alors les taux seraient très élevés. »

 

 

 

 

 

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