Des exigences sociales pour 2012

Au nom du groupe des élus communistes et apparentés, Max Guichard a présenté ses voeux aujourd’hui à la presse. Des voeux au cours desquels il a pu se féliciter des quelques avancées obtenues en 2011, notamment sur les tarifs de transport pour les jeunes. Mais il a surtout insisté sur l’urgence d’en finir avec les politiques d’adaptation à la crise et plaidé pour l’ambition sociale et économique.

« Pour être sincères, nos vœux pour l’année 2012 ne peuvent faire abstraction de l’environnement, économique et social marquée par une dictature des marchés financiers qui nous enfonce chaque jour un peu plus dans une crise aux conséquences insupportables. La qualité de vie des habitants de l’agglomération et de leurs proches cette année va donc dépendre de notre capacité individuelle et collective à modifier radicalement le rapport entre développement humain et dictature des forces de l’argent.

Nous avons, pour notre part, la conviction que plus aucun compromis avec ces forces n’est possible. Les choix faits par les collectivités, notamment la Communauté urbaine de Bordeaux, restent malheureusement trop souvent enfermés dans des critères de gestion soumis à ce qui a fait la racine de cette crise. Sinon, cette collectivité aurait choisit de faire participer plus grandement les entreprises au développement du territoire.

Sembler « épargner les forces économiques » en leur appliquant des mesures fiscales favorables, comme l’a fait la CUB en 2011, avec par exemple le refus de porter à son taux maximum la cotisation foncière des entreprises (CFE), c’est cautionner les cadeaux fiscaux décidés par Nicolas Sarkozy. Et augmenter dans le même temps les tarifs des services publics, c’est faire un choix bien lourd de conséquences pour les usagers. Le tout en comblant avec un certain zèle et à coups de centaines de millions d’euros les désengagements de l’État comme dans le dossier de la Ligne à grande vitesse (LVG) au détriment, par exemple, de la production effective de logements sociaux et très sociaux.

Et  pourtant, imposer une autre logique politique, économique et sociale est à portée de nos mains. Simplement en restant dans les limites de notre agglomération, le combat des élus communistes en appui des populations, malgré un laps de temps et de moyens réduit, aura déjà permis des ouvertures significatives :

L'indignation des citoyens et des élus locaux devant l'impossibilité de la municipalité de Floirac de trouver des crédits suffisants pour rénover l'école Léon-Blum a poussé le président de la CUB à accepter la proposition communiste de réunion d'une conférence bancaire.

–        En imposant au conseil de CUB de devoir limiter la peine sociale infligée aux usagers des transports, en prenant l’engagement de ne plus augmenter ces tarifs jusqu’à la fin du mandat, pour les jeunes particulièrement.

–        En imposant à l’agenda de la CUB une conférence bancaire visant à contraindre les établissements financiers à soutenir le développement économique et social envers les PME et les collectivités territoriales (CUB, CG et CR) au détriment de la spéculation financière.

 

Ces exemples simples sont la preuve qu’il y a des possibles. Lorsqu’ils deviennent l’exigence active, engagée, d’un nombre de citoyens toujours plus important, en appui de forces politiques, comme le PCF.

D’autres avancées nous apparaissent possibles pour 2012 :

–          en continuant notre action de pétition pour le gel complet, voire la baisse de l’ensemble des tarifs, particulièrement ceux des transports.

–          Donc en poursuivant dans les actes et non pas dans la rhétorique le lien de progrès social et environnemental dont les transports sont un maillon essentiel.
En ce sens, la ligne de ceinture doit devenir une réalité pleine et urgente au travers notamment d’un TCSP (tramway ou tram-train sur le trajet gare de Cenon – Gare de Cracovie en empruntant le pont Bacalan-Bastide). Le groupe communiste pèsera de tout son poids en ce sens au cours du Grenelle des mobilités qui a été convoqué par la CUB.

Le pont Bacalan-Bastide doit supporter un transport performant (tram ou tram-train) pour boucler la ligne de ceinture de chemin de fer.

Le lien social, c’est aussi les questions de sécurité alimentaire pour nos concitoyens. Voilà pourquoi nous ne lâcherons rien sur deux exigences :

–          développer les circuits courts et de qualité pour toutes les productions agricoles qui doivent pouvoir s’insérer dans de bonnes conditions sur les rayons des petits commerces de l’agglomération comme des grandes surfaces.

–          Un nouvel abattoir public sur la CUB en lien avec les professionnels, tout comme la pérennisation et même le développement du marché d’intérêt national (MIN).

La sécurité pour nos concitoyens, c’est aussi bénéficier d’un droit vital à l’eau de qualité pour tous. Pour cela, trois axes restent prioritaires : pérenniser la ressource en développant de nouvelles substitutions préservant les nappes phréatiques, éliminant aussi au maximum les risques de pollution ; La maîtrise publique de cette gestion ; Baisse de la facture au moins à hauteur des 10% d’augmentation subi par les usagers lors de la signature du contrat de mise en délégation de 1992.

Progrès social et environnemental, c’est mettre notre agglomération millionnaire ou pas à la hauteur des besoins en termes : de logements sociaux et très sociaux, même dans des éco-quartiers dont les innovations doivent être généralisées ; d’emplois, particulièrement industriels, y compris au sein de ces éco-quartiers, comme le permettra (nous l’espérons) le quartier des Bassins à Flots avec la réparation navale. Ce projet doit donner confiance à tous ceux qui souhaitent que la Garonne retrouve toute sa dimension d’artère fluviale pour le déplacement des personnes et le transport des marchandises.

Sur cette question de l’emploi, nous ne pouvons pas passer sous silence les graves inquiétudes pour l’avenir d’entreprises majeures sur la CUB, comme Cofinoga et Thalès.  En ce sens, nous engageons un processus de lutte pour la défense de l’emploi, comme nous l’avions pour Ford et la Sogerma, liant salariés et leurs organisations syndicales, populations et élus.

Comme hier les salariés de Ford et Sogerma, ceux de Cofinoga qui s'attendent à un plan social dévastateur (http://www.sudouest.fr/2012/01/12/les-rumeurs-source-de-sinistrose-et-d-angoisse-602236-3001.php), pourront compter sur la détermination des élus communistes à sauver l'emploi à Mérignac et ailleurs.

Vous le voyez donc, nous voulons pour 2012 être encore mieux la force de rassemblement qui ne se soumet pas et propose une vision dynamique pour l’humain d’abord, sans cacher que le résultat électoral du Front de gauche au printemps prochain en sera un ressort décisif. Alors oui, sincèrement et avec combativité, bonne et heureuse année 2012. »

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