Dividendes et aides publiques, c’est incompatible !

Le groupe des élus communistes et apprentés a voté contre des aides aux entreprises et aux pôles de compétitivité. Explication de vote par le président du groupe, Max Guichard.

Permettez-nous de nous saisir de cette délibération pour interroger sur les choix qui nous sont proposés sur l’ensemble des questions de développement économique. Concernant ce pôle de compétitivité, comme pour les projets industriels qui sont avancés par les entreprises SAIPOL (délibération 44), SOPRA Group (délibération 45) et Bigata (délibération 40), ce ne sont pas les projets industriels qui sont en cause. Ils sont pour l’essentiel intéressants et ambitieux pour notre territoire. Ce que nous voudrions comprendre, c’est en quoi une entreprise comme SOPRA GROUP, qui a distribué en 2010 plus de 9 millions d’euros de dividendes, a besoin de 200 000 euros d’argent public pour créer des emplois ? En quoi la société Sofiproteol, maison mère de Saipol, qui a réalisé 53,6 millions d’euros de bénéfice en 2010, a besoin de l’argent des contribuables pour développer son activité, si innovante soit-elle ?

Avec leurs milliards de profits, certains grands groupes n’hésitent pas à venir quémander des subventions aux collectivités. Au détriment d’une véritable politique pour l’emploi qui mette pas exemple en place une modulation du crédit aux entreprises, favorable à l’emploi et à la formation.

Nous avons bien noté que notre établissement conditionne maintenant ces aides à la création d’emplois. Mais quels sont les outils de contrôle mis en place pour permettre aux services de la CUB de vérifier la bonne réalisation des objectifs ? Nous savons par ailleurs que la Région a pour projet de refuser les aides aux entreprises qui versent des dividendes. Voilà une heureuse initiative dont il faudrait s’inspirer.

Enfin, vous connaissez l’opinion de notre groupe sur les pôles de compétitivité. Ils servent à faire financer la recherche et développement par les  collectivités, à mettre celles-ci en concurrence et à baisser le coût du travail. Nous y sommes donc opposés. Mais l’actualité nous prouve malheureusement que nous avions raison d’être septiques. On ne compte plus en effet le nombre de pôles de compétitivité auxquels appartient le groupe PSA qui vient d’annoncer la suppression de 6000 postes en Europe et délocalise vers l’Inde ses activités, notamment en recherche et développement. Et que dire d’Areva, membre lui aussi de nombreux pôles de compétitivité et qui fait aujourd’hui le forcing pour pouvoir licencier ? Enfin, les salariés de Total, qui est un des piliers du pôle Avenia qui nous est ici soumis, manifestent aujourd’hui même pour protester contre le projet de suppression d’un quart des effectifs de sa filiale Proseca qui gère 228 stations services en France dont 3 dans notre département. Nous ne pouvons pas nous associer à ces pratiques  et voterons donc contre l’ensemble de ces délibérations.

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