Emploi: il faut se mobiliser, vraiment, pour l’emploi et l’industrie !

Un partenariat avec la chambre de commerce et d’industrie ? Le groupe des élus communistes et apparentés y est favorable. A condition que les sujets sociaux et environnementaux y soient aussi abordés. Ce qui est trop peu le cas dans l’état actuel, alors même que la CUB, comme l’Europe entière, souffre de suppression d’emplois et de désindustrialisation. Au nom du groupe, Max Guichard en a donc appelé à une mobilisation renforcée au service de l’emploi, de l’industrie et des conditions de travail.

Je me suis étonné en commission sur ce dossier, comme sur d’autres, de l’attitude pour le moins passive de notre établissement. Passer des partenariats avec tel ou tel acteur de l’économie, en l’occurrence la Chambre de commerce et d’industrie de Bordeaux (CCIB), est légitime et même souhaitable. A condition que ceux-ci n’oublient pas que les salariés et leurs syndicats sont les premiers acteurs de l’économie. Ce qu’ignore visiblement le groupe Objectif Aquitaine qui reçoit de l’argent public pour organiser un « sommet économique du Grand Sud » auquel il n’invite aucun syndicaliste. Raison pour laquelle nous avons voté contre cette subvention.

Concernant la convention avec la CCIB, les objectifs de cette dernière sont clairement identifiés. Mais quels sont les nôtres ? N’est-il pas du rôle d’un établissement comme le nôtre de mettre sur la table des sujets sociaux et sociétaux ? Salaires, conditions de travail, impact des productions sur l’environnement, question de l’accès au crédit,… Ces sujets ne peuvent pas être seulement l’enjeu de conflits dans lesquels les salariés sont souvent en position de faiblesse.

C’est un point d’autant plus important qu’il ne vous a pas échappé que notre agglomération est particulièrement touchée ces dernières semaines par les suppressions d’emplois : 50 chez Labso à Blanquefort, 105 chez Eurofins à Bordeaux, 104 chez Mondi à Saint-Jean d’Illac, 180 dans le groupe Sud-Ouest, … Et nous en ignorons certainement beaucoup d’autres puisque 59 478 travailleurs sont inscrits au Pôle Emploi sur la CUB, soit 8,1% de plus qu’il y a 1 an.

Le 23 novembre, jour où cette intervention était prononcée, 90% des salariés de Coca à Mérignac étaient en grève contre le projet de fermeture de leur site. 172 emplois sont en jeu.

Cette situation est alarmante et appelle de notre part une action urgente. Pour maintenir ces emplois et créer au moins 75 000 emplois pour pouvoir accueillir les nouvelles populations.

Dans ce contexte, certes, la responsabilité nationale est engagée. Mais permettez-moi aussi de dire que ce contexte rend incompréhensibles et injustifiables les hésitations sur le dossier porté par le Port de Bordeaux sur les Bassins à Flot, qui ambitionne la création de 400 à 600 emplois. Les discours sur la nécessaire réindustrialisation ne sont pas suffisants. Il faut passer aux actes. Pas n’importe comment. Mais sûrement pas non plus en acceptant que ce secteur productif déserte le cœur des villes

Dans l’attente d’une intervention plus déterminée de la CUB sur ces aspects, nous nous abstiendrons sur cette convention de partenariat.

 

Voir aussi l’intervention de Pierre Laurent au meeting de Lille pour la réindustrialisation

 

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