Euratlantique: au bonheur des intérêts privés, encore.

Décidément, rien ne viendra sauver le quartier d’affaires d’Euratlantique !! Après la révélation par les élus communistes du véritable siphonnage d’emplois locaux qu’il constitue, voici que la majorité des élus de la CUB a offert sur un plateau le futur réseau de chaleur à un opérateur privé ! Réseau qui sera pourtant d’une grande utilité sociale, comme le précisait Max Guichard dans son intervention en conseil du 20 décembre dernier. Le groupe des élus communistes s’est, seul, opposé à cette opération de privatisation de l’intérêt commun.Guichard-Max-Cenon

Nous devons vous avouer notre stupéfaction et notre étonnement à la lecture de cette délibération. Que ce soit en commission, en comité technique paritaire (CTP) ou en commission consultative des services publics locaux (CCSPL), nous avons ressenti de la précipitation, voire un parti pris, qui ne convient que très peu à ce genre de dossier et nous le regrettons fortement.

Nous le regrettons d’autant plus que cette idée de faire un réseau de chaleur alimenté par l’usine d’incinération de Bègles est une proposition que j’ai avancée en comité de pilotage d’Euratlantique, il y a maintenant deux ans. Elle nous paraît toujours aussi pertinente, dans une logique de développement durable mais aussi, comme c’est le cas sur la rive droite, dans la dimension sociale de l’accès à l’énergie.

C’est pour ces raisons que nous ne comprenons pas pourquoi notre établissement se précipite à gérer ce réseau de chaleur dans le cadre d’une délégation de service public (DSP). Et les arguments utilisés dans le rapport sont loin de nous convaincre, pas plus qu’ils n’ont convaincus les associations de la Commission Consultative des Services Publics Locaux ni le CTP.

Permettez-moi de m’arrêter sur deux de ces arguments :

– Il nous est dit que nous n’avions pas les compétences. Pour ce qui est de l’investissement, nous pouvions, comme nous le faisons habituellement, nous appuyer sur un bureau d’étude et sur l’entreprise compétente pour l’ensemble des travaux. Pour ce qui est de la gestion, nous avions toute latitude, soit pour recruter dans le privé, soit pour s’appuyer sur l’expérience d’autres régies comme celle de Fontenay-sous-Bois. Sans parler du réseau de chaleur de la rive-droite. Donc cet argument ne tient pas.

– L’avantage de la DSP serait de « faire supporter les risques sur le délégataire ». Permettez-nous d’émettre quelques doutes, notre expérience étant plutôt faite du contraire. En effet, si depuis 20 ans la Lyonnaise des eaux a fait beaucoup d’argent dans le cadre des DSP sur notre territoire, au contraire, dès que des déficits sont apparus dans la DSP des transports, nous avons dû, par divers procédés, éponger le déficit de Kéolis. Donc, quand il y a profits, c’est la société privée qui les récupère et quand il y a pertes, c’est notre établissement qui les assume. Pour nous, l’expérience des DSP, c’est souvent des Délégations Sécurisées pour le Privé.

C’est bien fort de cette expérience que nous refusons de nous engager à nouveau dans une DSP de 26 ans, qui nous engage mais engage aussi ceux qui viendront après nous. La durée de ce contrat est pour nous rédhibitoire et nous lie pour toute évolution de ce réseau sur le quartier Sainte-Croix et à Bègles.

En conséquence, Monsieur le Président, mes chers collègues, nous voterons contre cette délibération qui, pourtant, aurait pu être une grande réussite sur le périmètre d’Euratlantique

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