Euratlantique: ce quartier ne fait pas l’affaire !

M GuichardL’intervention de Max Guichard en conseil de Cub de ce 14 février sur la ZAC Euratlantique. Pour le groupe communiste, le quartier d’affaires de la gare ne fait pas l’affaire !

Il nous est demandé par cette délibération de donner un avis favorable de la CUB sur la ZAC Saint-Jean Belcier. Avis motivé par le fait que celle-ci « répond aux ambitions métropolitaines de ce secteur stratégique de l’agglomération ».
Prenons donc les points les uns après les autres sur la base de ce que nous savons de « l’ambition métropolitaine ».
La première de ces ambitions, c’est de pouvoir loger tout le monde. Et quel quartier est mieux placé pour répondre à cet enjeu que celui de la gare ?
Nous nous sommes d’ailleurs félicités que la CUB prenne position en faveur de l’inscription au SCOT d’une proportion de 40% de logements sociaux (hors PLS). Mais ici, dans un secteur en effet stratégique, nous serons donc au mieux à 35%, PLS inclus. Ne pouvait-on faire mieux alors qu’une proportion non négligeable du foncier, nerf de la guerre en la matière, appartenait à la puissance publique ? Nous pensons que si. Il faut aller beaucoup plus loin pour le logement pour tous.
Seconde ambition importante, l’emploi. J’entends encore Alain Juppé s’insurger il n’y a pas si longtemps, que notre groupe qualifie Euratlantique de centre d’affaires. La cohérence voudrait qu’il demande aujourd’hui le retrait de cette délibération qui commence par cette phrase : « la ZAC Saint-Jean Belcier vise à créer autour de la gare un centre d’affaires permettant d’accueillir de grandes fonctions tertiaires dans un quartier renouvelé. » Mais je sais, Monsieur Juppé, ce que vous allez me dire : le tertiaire n’est pas un vilain mot et que ce centre d’affaire hébergera des emplois. Certes. Mais combien en restera-t-il à Mérignac, à Bordeaux-Lac ou Mériadeck. Car, de l’aveu même de l’OIN, votre centre d’affaires va véritablement siphonner l’emploi sur la CUB. 70% des emplois d’Euratlantique seront pris ailleurs. Est-ce là une logique de développement ? Est-ce vraiment cela l’apport d’Euratlantique à l’objectif de création de 75 000 emplois d’içi 2030 ? Sans compter que nous ne savons pas combien de créations nettes comportent les 30% restants.
En réalité, ce centre d’affaires constitue la négation de l’identité de ce quartier où cohabitent rail et fleuve. Voilà les potentialités de Saint-Jean-Belcier. Où sont-elles dans ce projet ? Seuls 2% de surface plancher de cette ZAC seront consacrés à des activités productives. C’est une aberration. Et là encore, nous aurions pu concevoir que la gare Saint-Jean ne conserve qu’une vocation transport de voyageurs. Mais dans ce cas, où est le projet de développement du rail logistique ? Il n’y en a pas.
Ce qui m’amène au dernier point de l’ambition métropolitaine qui nous intéresse, le développement durable. Pourra-t-on transporter des marchandises autrement que sur des camions dans cette ZAC dont un des poumons est le Marché d’intérêt national (MIN) ? En dépit de la présence du rail et du fleuve. La réponse est non. Pire, de l’autre côté de la Garonne, nous savons que des entreprises ont voulu s’installer et développer le transport par barges et qu’elles ont reçu un avis négatif de la mairie et de grandes hésitations polies de la CUB. Ce n’est pas normal. On peut toujours installer des jardins, partagés ou pas ; construite des bâtiments de haute qualité environnementale ; tracer des pistes cyclables,… Comment résoudrons-nous la congestion de notre agglomération si nous ne trouvons pas des alternatives aux camions ? Certainement pas en tournant le dos aux atouts de ce quartier.
Voilà donc Monsieur le Président, en trois points seulement (d’autres auraient mérité argumentation), l’explication de notre refus d’approuver le contenu de cette ZAC.

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