Ford fait chanter les collectivités locales !

2,5 millions d’euros ! C’est le chèque que la marque américaine a réclamé à la CUB (25 millions d’argent public au total) pour « maintenir » 1000 emplois à Blaquefort, après en avoir supprimé 2000 depuis 15 ans ! Un chantage inacceptable, a expliqué le président du groupe communiste, Max Guichard.

La présentation de ce dossier arrive après de nombreuses années d’errance de la part de la direction de Ford et d’un certain aveuglement trop longtemps assumé des collectivités pourtant très tôt alertées par les luttes des salariés pour le maintien de leurs 2000 emplois d’alors. En effet, dès 2001, les syndicats de ce site ont exigé de la part de leur direction des investissements massifs pour pérenniser la production et leur emploi dans l’usine, sans être entendus.

A partir de 2007, il aura fallu encore de nombreux et longs mois pour qu’enfin, les collectivités entendent leurs alertes, relayées par les élus communistes. Et pourtant, c’est à partir de ce « Tous ensemble » construit avecles institutions par la forte mobilisation des salariés, la constitution d’un comité de sauvegarde à l’origine d’une pétition recueillant des milliers de signatures et la manifestation au salon de l’automobile de Paris pour que la reprise de ce site par Ford se réalise et soit accueillie par tous avec soulagement.

 

C'est l'intervention des salariés (içi au salon de l'automobile, à Paris) qui a décidé Ford à revenir à Blanquefort. C'est leur détermination et l'inflexibilité des élus locaux qui le fera rester !

 

Ce bref rappel doit permettre à chacun ici de se positionner par rapport à cette aide, sans qu’il soit fait obligation d’un chantage ou d’une leçon à la défense de l’emploi. Ce d’autant que, depuis l’arrivée de Ford à Blanquefort, l’argent public aura fortement contribué au développement de l’entreprise :

  • 50 millions d’euros lors de son implantation en 1971

  • 4 millions d’euros en 1992/1993

  • 17,5 millions d’euros en 1995. 

Il faudrait rajouter à ces sommes les aides au titre de la formation, pour le chômage partiel et les aides au titre de l’investissement.

Et tout cela pour quel résultat ? Plus de 2000 emplois supprimés en 10 ans dont 800 ces 4 dernières années. Le financement public abondant n’aura pas empêché, bien au contraire, la direction de Ford de traiter avec mépris les collectivités , refusant régulièrement de les rencontrer, n’hésitant pas à utiliser le mensonge et aujourd’hui de tenter une spéculation foncière sur le dos de la CUB.

Et c’est maintenant un insoutenable chantage à l’emploi qui est utilisé pour soutirer une nouvelle subvention. Nous refusons d’y céder. Pour nous FORD doit prendre toutes ses responsabilités et ce groupe multinational en a les moyens avec ses 6 milliards de bénéfices en 2010. Soit en finançant sur ses importants fonds propres ; soit en allant chercher de l’argent auprès des banques.

Enfin, cette expérience doit nous interroger sur notre politique industrielle à l’échelle nationale, régionale, départementale et d’agglomération. Celle-ci ne peut être une soumission aux exigences de rentabilité des grands groupes comme c’est le cas dans ce dossier ou dans les pôles de compétitivité. Bien au contraire cette politique industrielle doit s’appuyer sur de véritables investissements de la part des entreprises, sur un financement accru dans la recherche- développement et formation et sur de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés.

En ce sens, les banques doivent devenir de vrais partenaires du développement économique plutôt, que prêter de l’argent pour des opérations spéculatives. Nous ne pourrons emprunter cette nouvelle voie, nullement explorée jusqu’alors, si nous nous mettons des entraves que sont ces aides continuant à tomber dans le tonneau capitaliste des danaïdes.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *