Ford: Stop au chantage à l’emploi !

Lors du Conseil de Bordeaux Métropole du 27 avril, une motion de soutien aux Ford a été voté à l’unanimité. Cette motion propose notamment de suspendre le versement du dernier tiers des aides publics au groupe Ford qui était prévue dans l’accord cadre avec les Collectivités locales qui n’a pas été respecté par l’industriel.

Max Guichard, président du groupe communiste à la Métropole a précisé la position du groupe.

« Monsieur le Président, mes cher-es collègues,

C’est pleinement que notre groupe votera cette motion, même si, sur bien des points, nous ne l’aurions pas écrite avec le même contenu. Pour nous, l’essentiel se trouve dans notre capacité à faire un front commun avec les salariés, les citoyens et les élus.

Les annonces de Ford de ces dernières semaines n’ont pas fait l’effet du tonnerre dans un ciel serein, tant la direction de Ford nous trompe les uns et les autres depuis de nombreuses années.

Par le passé, c’est après une longue bataille qu’ensemble nous avions réussi à faire revenir Ford alors qu’ils avaient décidé de se débarrasser de l’usine en la cédant à des aventuriers. Il aura fallu la combativité de tous pour obtenir ce retour.

C’est la même question qui nous est posée aujourd’hui. Dans nos rangs, autant vous le dire, pas l’ombre d’un renoncement mais de la lucidité sur une situation complexe et de la pugnacité pour atteindre des objectifs de maintien et de création d’emploi.

Nous partageons pleinement les objectifs qui sont énoncés dans la motion c’est à dire le prolongement de la 6F35 et l’intégration du site de Blanquefort dans la production d’avenir d’un véhicule décarbonné .

Ce sont des objectifs crédibles qui répondent aux besoins de notre temps.

Ce n’est pas un cadeau que Ford consent aux salariés. Nous pensons que c’est un dû car les personnels ont participé au développement de Ford et ont contribué aux 7 milliards de profits réalisés en 2017.

Cette situation m’amène à des considérations qui pourraient certes  froisser mais qui à, mon sens, sont au cœur du débat.

Tout d’abord, la course au profit que se livrent les grands groupe montre son caractère prédateur. Cette régulation économique n’est plus viable car elle conduit partout à des catastrophes. Notre temps impose d’autres critères de gestion qui prennent en compte les besoins sociaux et environnementaux et non une remise en cause permanente des droits individuels et collectifs des salariés.

Pour sortir de ces logiques mortifères, il faut au contraire impérativement leur donner plus de pouvoir de gestion afin qu’ils puissent suspendre ce genre de décision.

Enfin, nous devons nous aussi tirer les enseignements de cette situation. L’argent public ne peut plus être la contrepartie du chantage à l’emploi que nous font les grands groupes. Moralement contestable, ces dispositions montrent leur inefficacité en terme de création d’emplois. Dans le cas présent, 50 millions d’euros d’argent public versés pour revenir à la situation de 2008, c’est pour le moins insupportable.

Ces remarques faites et en ayant à cœur le rassemblement du plus nombre, pour permettre la pleine réussite des salariés, nous voterons cette motion. »

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