Gaz de Bordeaux: La concurrence dicte (encore) sa loi

Le conseil de métropole du 7 juillet dernier a donné son accord pour la recomposition du groupe issu de Gaz de Bordeaux. Répondant à l’injonction de la mise en concurrence à tout-va, les collectivités filialisent et privatisent l’outil de distribution historique d’énergie. Si la création d’un nouvel outil pour la rénovation énergétique et le maintien d’un actionnariat à majorité publique pour la nouvelle entité (Bordeaux Métropole Energie) sont des points positifs, l’élue communiste Claude Mellier s’est appuyée sur les revendications syndicales pour demander notamment la reconnaissance d’une unité économique et sociale (UES) à celle-ci. 

« Comme le secteur de l’électricité, celui de la production et de la distribution de gaz est pris dans une tourmente insensée de directives nationales et européennes qui n’ont qu’un seul mot d’ordre : la mise en concurrence libre et non-faussée. Voilà donc notre opérateur Regaz contraint de revoir ses statuts, de créer une maison mère en société d’économie mixte et de se transformer lui-même en société anonyme chapeautée par cette dernière. Que celles et ceux qui sont capables d’expliquer à nos concitoyens la nouvelle architecture de ces entités et leurs objectifs, me fassent signe !

Comme pour le secteur de l’électricité, le marché libre et non faussé impose une jungle incompréhensible pour le commun des mortels et dans laquelle, s’il y a un gagnant, ce n’est certainement pas le consommateur final.

Cela donne une métropole contrainte d’en passer par une mise en concurrence pour organiser le réseau de chaleur que nous avons nous-mêmes souhaité sur le secteur Euratlantique et pour lequel Regaz avait toutes les compétences. Mais il a fallu en passer par une filiale, Mixener, qui a dû jouer le jeu de la casse des prix pour remporter la mise. Espérons que ce petit jeu ne portera pas préjudice au service rendu dans ce secteur. L’outil réseau de chaleur mérite en tous cas autre chose que ces petits arrangements.

Pour en revenir à la société créée, Bordeaux Métropole Energie (BME), nous ne reviendrons pas sur le processus de libéralisation qui est sous-tendu. Retenons que c’est une société d’économie mixte qui est créée, avec une mission spécifique sur la transition énergétique, à laquelle notre groupe adhère totalement. Cette nouvelle mission assurée par BME est la preuve que nos collectivités ont besoin d’outils publics pour agir sur les questions énergétiques et que la mise en concurrence à marche forcée, va à rebours des besoins et de l’intérêt général.

Il en va d’ailleurs autrement pour Regaz qui, si elle reste à majorité publique (notre métropole en reste actionnaire à 51%), devient SAS et pourrait donc passer à majorité privé dans l’avenir. C’est une situation que nous contestons.

Enfin, et ce n’est pas une question secondaire, la question du statut des salariés de Regaz est posée. Leurs syndicats ont obtenu le maintien dans le giron de la convention des gaziers pour les 40 salariés qui passeront chez BEM. C’est une bonne chose. Il faudra aussi maintenir leurs avantages acquis et opérer un recrutement conséquent (sous le même statut) pour assurer convenablement les missions liées à la MaRenov Bordeaux.

Lors des dernières négociations avec la direction de Regaz, les syndicats ont unanimement demandé la reconnaissance d’une unité économique et sociale (UES) commune à BEM et ses filiales. Il nous semble que les élus de la métropole devraient soutenir cette demande puisque, comme l’indique la délibération, l’ensemble des filiales « se structure autour de la société d’économie mixte », BEM.

Ces remarques étant faites, nous nous abstiendrons sur cette délibération qui maintient le caractère public de la société mère du groupe Regaz et étend ses actions sur des sujets majeurs comme la rénovation énergétique. Mais ceci dans un contexte de libéralisation que nous ne pouvons accepter. »

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