Gratuité dans les transports: et si Bordeaux regardait vers le Nord…

A Dunkerque, après avoir testé la gratuité dans les transports le week-end, on s’apprête à l’étendre à la semaine. Une nouvelle expérience qui démontre que, loin des augmentations tarifaires incessantes, les transports en commun bordelais gagneraient à être plus accessibles. Voici l’intervention de Lena Beaulieu à ce sujet, lors du conseil de juillet dernier :

« Le mois dernier, je suis intervenue sur la question de la gratuité dans les transports notamment pour les demandeurs d’emploi. Nous continuons à penser que cette disposition relève de la justice sociale et de la réparation à l’égard de ceux qui sont privés d’activité rémunérée.

Je voudrais ce matin insister sur cette question à partir d’un exemple concret, celui de la ville de Dunkerque. Cette agglomération, qui compte 200 000 habitants, a fait le choix d’expérimenter il y a un an la gratuité des transports le week-end. Une agglomération très marquée par la culture de la voiture. Cette expérience a été marquée d’un franc succès. Un succès tel d’ailleurs qu’ils ont décidé de l’étendre à l’ensemble de la semaine et de rendre les transports gratuits sur cette agglomération. Cette expérience vient corroborer celles d’Aubagne, de Châteauroux et d’autres cités. La gratuité est vraiment un levier pour réaliser un report modal efficace.

Cette expérience de Dunkerque nous amène à deux conclusions. La première, c’est que l’augmentation continue de nos tarifs de transport relève peut-être de la bonne gestion, comme vous l’affirmez, mais elle n’est en rien un levier pour opérer une véritable révolution des transports.

La deuxième, comme le dira mon camarade Max Guichard, est que nous avons besoin d’investir de manière volontariste dans les transports en commun, tout comme dans le vélo d’ailleurs. Tout cela demande des subsides, nous en avons bien conscience.

Mais les enjeux environnementaux et sociaux qui se jouent autour des transports méritent mieux que de belles phrases prononcées à Versailles ou à Paris. Il faut des actes concrets qui permettent à nos collectivités d’être à la hauteur de ces défis. La période mérite mieux qu’une vague suppression de la taxe d’habitation. Il faut redonner à nos collectivités et établissements les moyens financiers nécessaires pour répondre aux besoins de nos concitoyens.

Ces moyens existent, ils sont dans les dividendes records annoncés cette semaine par les entreprises du CAC 40, ils sont dans les 80 milliards d’évasion fiscale.

Tout cela ne relève que de choix politiques. »

 

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