Hourcade: une visite et des urgences

L’alerte avait été donnée début décembre par les cheminots et la CGT : déjà très affaiblie, l’activité de la gare de triage d’Hourcade est gravement menacée. Alors que la SNCF décidait la fermeture de l’atelier de réparation des wagons dans lequel travaillaient 34 cheminots, le passage des équipes de contrôle des installations avait provoqué la fermeture de nombreuses voies. La faute à l’absence d’entretien régulièrement dénoncé pas les syndicats et assumé par la direction de la SNCF.
Suite à ce mouvement de grève, Claude Mellier avait réuni les maires de l’agglomération concernés par les activités de triage (Villenave-d’Ornon, Bègles, Ambarès-et-Lagrave, Bassens) autour d’un courrier à Alain Juppé afin que la métropole provoque la réunion d’une table ronde avec la SNCF et la région sur des enjeux du fret ferroviaire.

« Ce déclin (du fret ferroviaire) est en totale contradiction avec le Grenelle de l’environnement, qui prévoyait d’augmenter la part ferroviaire à 25 % d’ici 2022, et avec les engagements pris lors de la COP 21 », affirmait la motion votée à l’unanimité du conseil de métropole, un mois plus tôt. A Bordeaux, le développement a un objectif précis : sortir les camions qui encombrent la rocade. Éconduits en décembre par la direction de la SNCF, les élus locaux se sont donc invités ce lundi 15 janvier pour une visite complète de ces installations ferroviaires et pour un échange avec la direction locale de SNCF-Réseau.

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Une visite tenue à a demande du député de la 3ème circonscription, Loïc Prud’homme, à laquelle Claude Mellier s’était faite représenter et à laquelle participaient les maires de Bègles et Villenave-d’Ornon. Dans un nouveau courrier au président de Bordeaux-Métropole, la vice-présidente aux infrastructures routières et ferroviaires explique :

« Cette visite a confirmé les orientations de la SNCF qui maintient ce site tout juste en survie. Nous avons pu constater sur place que la SNCF dépose les voies dédiées au triage gravitaire et est entrée dans une perspective de maintenance à minima de ses installations. Ainsi, suite aux contrôles techniques du mois de décembre qui avaient conduit à la fermeture de plusieurs voies, les travaux entrepris n’ont permis de récupérer que deux-tiers de la capacité du site et les éléments donnés sur l’état général des installations ne sont pas encourageants.

Seul aspect qui pourrait être positif, la SNCF a profité du déménagement du quai militaire qui était situé à Saint-Jean (Armagnac), pour développer une activité « vrac » avec un quai dédié pour des marchandises telles que des bobines de fil, du granulat, etc. C’est la preuve que des activités de fret peuvent être développées facilement. »

Mais cette visite a aussi permis d’apprendre que les directions de SNCF Réseau ont engagé un travail avec l’ensemble des transporteurs et opérateurs ferroviaires, pour déterminer un « Schéma directeur » pour Hourcade ayant pour horizon 2025. Claude Mellier a donc attiré l’attention d’Alain Juppé sur le fait que « la philosophie de ce schéma est de prendre acte de la faiblesse actuelle du trafic pour « prioriser » et « rationaliser » les installations sur Hourcade. Une orientation qui est en totale contradiction avec le vœu exprimé notamment lors du vote d’une motion par le conseil de métropole, en novembre dernier, qui appelait les pouvoirs publics à redonner une place centrale au fret ferroviaire. »

La table ronde réclamée en décembre devient donc vraiment urgente, ainsi que la mobilisation citoyenne pour ce qui est un enjeu environnemental et économique majeur pour l’agglomération et le département.

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