Keolis: Le service public mérite mieux !

La présentation du rapport d’activité « Transports publics 2010 » a été l’occasion pour Michel Olivier, vice-président communiste en charge des transports, de revenir sur le premier bilan du délégataire de la CUB, Keolis. L’occasion de pointer la contradiction entre la recherche de rentabilité et l’idée même de service public. Malgré certaines améliorations sur le réseau, le bilan reste en effet très en-dessous des exigences de la population de l’agglomération bordelaise. Explications.

Notre groupe, par ma voix, avait émis au mois de juin de vives inquiétudes quand à la DSP transport. Des inquiétudes, qui avaient soulevé de vives critiques au sein de cette assemblée, et qui même avait valu une réaction de la direction de Kéolis par voie de presse. Force est de constater que ces inquiétudes étaient loin d’être infondées, j’oserai même, à la lecture du rapport des services et celui de l’IGA, dire qu’elles étaient, par bien des aspects, en dessous de la vérité.

Cependant, avant de revenir sur quelques critiques quand à l’exécution du contrat de DSP transport, nous voudrions revenir sur des aspects positifs. Tout d’abord, comme j’ai pu le dire en juin, nous nous félicitons de la réussite tant du V-CUB que du nouveau réseau. Ils reflètent une nette amélioration du service aux usagers. La mise en place de la Liane 3+ peut encore s’améliorer, si on développe ce service sur le territoire afin d’avoir un maillage de Bus performant. Ce qui est en cours de programmation.

 

4 millions d'euros de pénalités pour Keolis, c'est surtout le révélateur d'une dégradation du service rendu !

Une meilleure réponse aux besoins se fera en grande partie par le développement du Bus, notamment en terme de confort et de rapidité, en l’associant au développement d’un système ferré axé sur la ligne de ceinture. Cette parenthèse fermée, les améliorations du réseau de bus ne peuvent masquer les limites de la gestion actuelle de notre réseau. Je réutiliserais les ratios que je citais en juin: « Le nombre de voyageurs par km a baissé de 9% ; c’est à dire que nombre de bus sont parfois vides ! Et en ce qui concerne les recettes, je rappelle que la majorité de cette assemblée a voté une hausse des tarifs de 2.92% en moyenne cette année-là. Malgré cela, les recettes par km ont baissé de 10.5% ; les recettes par voyage ont baissé de 20% ; le taux de couverture a baissé de 6.2%, passant de 30.5% en 2009 a 28.6% en 2010.  Malgré une augmentation de la productivité : les conducteurs font 6% de km de plus par an ; les dépenses d’exploitation par km ont baissé de 8%. »

Je ne citerai que les chiffres principaux mais, au final, notre délégataire paye pour l’année 2010 : 4 millions de pénalités pour non respect des engagements. Ce qui peut apparaître comme une bonne affaire financière pour la CUB est malheureusement un révélateur d’un service détérioré. Alors, aurions-nous été trop exigeant avec notre délégataire comme j’ai pu l’entendre ici, par là même serions-nous pour partie responsable de cette situation ? Il y a là une part de vérité.

Cependant , ce serait oublier bien vite la responsabilité du délégataire lors du dialogue compétitif qui a eu lieu en 2008. Kéolis a fait un pari avec ce contrat, il pensait notamment le gagner en revenant sur les acquis sociaux dans l’entreprise. C’est en partie une des raisons de son échec. Y-aurait-il dès lors une contradiction entre acquis sociaux et performance du service ? Nous ne le pensons pas. Par contre, il y a à l’évidence une contradiction entre rentabilité et acquis sociaux, rentabilité et intérêt de la collectivité comme le montre le contentieux existant, à l’heure actuelle, entre la CUB et Kéolis, rentabilité et performance du service.

Dès lors Monsieur le Président, pour sortir de cette contradiction, la mise en régie des transports à l’échéance du contrat nous apparaît être la réponse adéquate aux exigences du service public et notre ambition du projet métropolitainC’est ce que nous porterons lors de la consultation qui sera engagée dans les mois à venir, tout comme un chemin vers la gratuité. 

 

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