L’abattage public, c’est la priorité à la santé et à la sécurité alimentaire

Un abandon total de l’abattage public sur la communauté urbaine. C’est ce que proposait la délibération soumise au conseil de communauté du 4 septembre 2009. Un sénario auquel le groupe des élus communistes et apparentés a été le seul à s’opposer. Au nom de l’avenir des 62 salariés de cet abattoir public et au nom de la sécurité alimentaire. Explication de vote de Michel Iste, vice-présidente à la CUB.

« Le sens de cette délibération ne fait de doute pour personne : il s’agit d’acter la disparition de l’abattage public sur le territoire de la CUB. Les projets de reconstruction d’un abattoir sur notre agglomération, qui avaient motivé l’accord de notre groupe pour le déplacement de l’abattoir existant, sont enterrés.

Malgré les contorsions de cette délibération, révélatrices de votre embarras, il n’y aura ni abattoir de 3100 tonnes répondant aux besoins actuels, ni abattoir de 600 à 800 tonnes proposé par le groupement des éleveurs de Gironde. Pourtant ces projets étaient finançables avec l’excédent d’investissement de 7 millions de l’abattoir, et le porteur de projet était désigné d’office : notre établissement ou une SEM publique portant ce projet d’abattage public. Qui osera croire que 3 institutions publiques comme le Conseil Régional, le Conseil Général et la CUB, ensemble, ne peuvent trouver les moyens de pérennisation d’un tel service public ?

"La marchandise s'est mise à voyager et ça coûtait moins cher. C'est le monde moderne : plus ça vient de loin, moins c'est cher !", confie un ancien salarié au journal Sud-Ouest (http://www.sudouest.fr/2011/12/22/vague-a-lame-aux-abattoirs-587565-2780.php). Pour le groupe communiste, cette évolution n'était pas une fatalité. Lutter contre aurait été un combat écologiste et social.

Au contraire, avec la décision que vous nous proposez, actée : « par la confirmation de la date de la libération du site actuel de complexe de la viande fin 2011 » c’est un nouveau coup qui est porté contre les services publics de ce pays et en faveur des activités privées concurrentes. C’est un choix de société !

L’abattage public, c’est la priorité à la santé et à la sécurité alimentaire, la réponse à tous les besoins d’abattage spécifiques et rituels, c’est le maintien d’une agriculture locale et familiale de qualité, le fonctionnement de circuits cours d’approvisionnement avec un réseau dense de bouchers et charcutiers locaux, la vente directe, les AMAP, c’est la présence d’une plateforme de distribution de la viande. Toutes ces missions d’aménagement du territoire, de solidarité et de service public ont bien sûr un coût et vont disparaître avec l’abattage public. Un coût ignoré par l’abattage privé qui laisse sans réponse bien des besoins des populations et des territoires, et pour qui le contrôle sanitaire est une entrave à la libre concurrence.

Avec le vote de cette délibération, vous allez faire le choix d’une société encore plus dépendante des lois du marché et moins de la puissance publique c’est-à-dire de l’intérêt général. Vous allez livrer encore plus les consommateurs pieds et poings liés aux grandes centrales de la distribution. Nous voterons contre.« 

 

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