Ici, l’austérité menace nos ambitions sociales

AusteritéDébat d’orientation budgétaire le 15 novembre dernier à la Communauté urbaine de Bordeaux. Jean-Claude Galan y a réaffirmé l’attachement des élus communistes aux orientations ambitieuses en matière de logement social et de développement des transports en commun. Pourtant, l’austérité pointe le bout de son nez et menace ces mêmes orientations. Risques réels contre lesquels les élus communistes ont alerté et réclamé un changement de cap.

Pas facile de nager à contre-courant… C’est un peu le sentiment que l’on peut avoir après la présentation de ce rapport. Le budget de la CUB et son programme prévisionnel d’investissements ne sont pas, nous l’avons dit en temps utile, des budgets d’austérité.

Prévoir 500 millions d’euros d’investissements jusqu’en 2018 pour le cadre de vie et le logement, en prévoir 1,5 milliard pour l’amélioration des dessertes en transport en commun, c’est se hisser au niveau qu’exigent les besoins des habitants de la CUB.
Ceci est indéniable et nous continuons de partager ces orientations.
Mais ces orientations sont-elles tenables quand monte l’injonction à la rigueur budgétaire ? C’est la question qui vous est posée, monsieur le président. Raison pour laquelle nous avions émis de grandes réserves sur un PPI qui était déjà contraint par les règles d’or naissantes. Enveloppe normée, coup de rabot arbitraire de 10% sur tous les projets,… La course à l’austérité passe hélas aussi par la CUB…
Içi on reporte des rénovations d’écoles, là on revoit à la baisse les ambitions pour une politique d’intérêt communautaire et demain, nous dit-on, il faudra faire des choix, des arbitrages ; bref, faire des coupes.
Et d’ailleurs, même si nous ne le souhaitions pas, le législateur s’en charge à notre place. Car non content d’avoir instauré la règle d’or au niveau européen, voici qu’une majorité de députés sont favorables à l’application de celle-ci pour les communes et les futures métropoles. Ainsi, les communes ou EPCI qui ne répondraient pas aux critères de mutualisation des services édictés là-haut seraient-ils sévèrement et financièrement sanctionnés. Et par mutualisation, il faut évidemment entendre restriction du domaine des services publics.
Cette vision budgétaire là, nous la partageons d’autant moins qu’elle vient percuter directement la capacité de notre établissement à poursuivre à moyen terme ses ambitions en matière de logement, de transports ou de services publics. Et à court terme, elle fait peser une menace sur le pouvoir d’achat des travailleurs habitant la CUB. Car quand on souhaite réduire la dépense publique, tout en épargnant les entreprises sous prétexte de « préservation de la compétitivité », c’est inévitablement vers les ménages et les usagers des services publics que les regards se tournent. Nous avons à cet égard entendu des propos très inquiétants sur les tarifs des transports en commun.
Tramway de Bordeaux.Novembre 2003.Faire circuler plus de tramways, plus de bus, mettre à disposition des vélos ou des voitures partagées ; cela doit être l’œuvre de la collectivité publique, financée par l’impôt des ménages et par l’impôt des entreprises. Prétendre se « rapprocher de la vérité des prix » quand on parle de tickets de tramways, c’est au mieux irréaliste, au pire cela signifie enterrer nos ambitions en matière écologique et de qualité de vie.
Nous nous y opposerons catégoriquement et ferons valoir notre préférence pour une gestion 100% publique des transports en commun et pour une politique tarifaire allant vers la gratuité.

Enfin, nous ne nous attarderons pas sur les prévisions de retour de la croissance en 2014… C’est certainement parce que notre établissement croit ces prévisions qu’il refuse l’adhésion à l’agence de financement des collectivités locales.
Ce qui confirme l’appréciation que nous avions de cette agence : tout en parlant de mutualisation, elle maintient les collectivités dans le chacun pour soi. On est donc encore loin du pôle public bancaire qui mettrait les investissements utiles à l’abri de l’appétit des marchés.

Ce que nous voyons nous pour l’instant, c’est que le nombre de chômeurs de catégorie A a augmenté de 11% depuis un an sur la CUB et que le pouvoir d’achat des ménages continue de souffrir.

Le rôle de la CUB est donc de poursuivre une politique ambitieuse d’investissements pour soutenir une activité économique répondant aux besoins sociaux et environnementaux.

Mais c’est aussi de renforcer les services publics au service d’une population en grande fragilité.

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