L’austérité retombe toujours sur le dos des travailleurs

C’est l’air de « tout va bien » qu’ont chanté certains soutiens de la politique gouvernementale, à l’occasion de la présentation du compte administratif 2015 de Bordeaux Métropole. Un air fortement contesté par Léna Beaulieu qui, au nom des élus communistes, a fait la liste des renoncements auxquels l’austérité oblige, et des besoins sociaux auxquels il n’est pas apporté de réponse.

« A notre grande surprise, nous avons appris en commission Finances que les baisses de dotations n’étaient « pas un drame » et que ce compte administratif prouvait bien qu’on pouvait se passer des 18 millions d’euros dont l’Etat a amputé la Métropole cette année… Ce n’est pourtant pas le son de cloche que nous avons entendu au dernier congrès des maires où, toutes tendances confondues, les élus ont alerté sur l’asphyxie des collectivités locales et sur la suppression d’échelons majeurs de la démocratie locale.
Mais il semble que le soutien à la politique gouvernementale rende aveugle, y compris sur les conséquences qu’ont ces baisses de dotations ; en premier lieu sur la capacité d’investissement de Bordeaux Métropole puisque ces dotations représentent encore 48% des recettes.
Conséquence aussi sur les dépenses de fonctionnement et particulièrement des dépenses de personnel qui sont en baisse importante. Cela pèsera nécessairement sur notre capacité à assurer le service public attendu par nos concitoyens. Les agents de Bordeaux Métropole l’ont exprimé cette semaine par des mouvements divers qui montrent le malaise face à cette situation et face à une mutualisation qui n’a pour objectif que la réduction de l’emploi public. Une position hélas assumée par tous dans cette assemblée.
L’autre aspect, c’est évidemment la fiscalité avec une évolution des impôts ménage plus dynamique que les impôts économiques. Un phénomène permanant depuis la suppression de la taxe professionnelle. Voilà donc, en l’absence de fiscalité économique dynamique, sur qui reposent les efforts demandés par l’Etat : sur des familles déjà en grande difficultés, et à qui on expliquera ici, que la piscine ne peut pas être construite faute de moyens nécessaires, là que l’encadrement des TAP dans les écoles doit être allégé… Ce n’est pas acceptable.
Pour ce qui est des investissements, les taux de réalisation élevés prouvent l’ampleur des besoins et qu’on aurait pu faire encore mieux. A l’exemple de l’habitat, des opérations 50 000 logements et des transports en commun.
Pour le reste, les services semblent bien en peine à réaliser les objectifs affichés. C’est le cas notamment sur des champs aussi importants que la politique de la ville (45%) et le traitement des déchets (56%). On peut se demander si les moyens de nos services ne sont pas déjà insuffisants pour remplir nos objectifs.
On en revient donc à la politique austéritaire qui va à l’encontre des besoins. Pour finir, et puisque nous aborderons dans deux semaines le budget supplémentaire, des gestes importants peuvent être fait pour rétablir de la justice dans ce budget : vis-à-vis du personnel d’abord, en accédant par exemple à la demande de prise en charge intégrale du surcoût de la complémentaire santé. Et aussi vis-à-vis des petites associations, en annulant la baisse de 5% de leurs subventions, comme nous l’avions suggéré lors du dernier conseil. »

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