« Le Peuple et la Candidat »

Poète à ses heures, notre camarade maire de Saint-Germain-du-Puy (Cher), Maxime Camuzat a revisité pour les besoins de l’actualité le Corbeau et le Renard de la Fontaine. Un petit moment de détente avant de reprendre le chemin des luttes.

Le Peuple français, sur sa terre accroché,
Ayant en tête le bilan d’un candidat qu’il voulait congédier,
Écouta un nouveau candidat,
Au nom et au prénom prédestinés,
Qui lui tint à peu près ce langage :
« Oui, promis, Peuple de France….
Avec moi, avec nous, que ça va être joli, que ça va être beau !
Sans mentir, mon programme, ça va être un fromage,
Sans rapport avec ce que vous vivez déjà.
Vous serez le peuple le plus heureux des Rois.
Car le changement, cet été, vous le verrez déjà ! »
A ces mots, au printemps, le peuple s’emballa,
Et écoutant cette voix, il lui donna ses voix,
Remplissant les urnes, laissant partir Nicolas.
Mais si bien vite, normalement, l’été s’annonça,
Le changement, lui, sembla manquer le pas.
Tout aussi normalement, le Peuple, alors, s’interrogea,
Et quand l’automne fut venu, là, vraiment, il déchanta.
Très vite il comprit
Que face au capital et au FMI
On se couche, ou l’on se bat et on agit,
Et qu’apparemment, loin des promesses, on n’était pas, là, dans le second choix.
Mais dans ce cas, il sait bien ce qui arrivera :
Ce que trop de peuples, partout et près de lui, vivent déjà.
Or, le changement, pour lui, ce n’était pas ça,
Et pas seulement !
Car si c’est celui qu’il voit se dessiner maintenant,
Il pourrait bien être désespérant,
En étant dans sa tête et dans ses poches,
Pas mieux, voir pire qu’avant,
Car le changement qu’il attend,
C’est celui promis au printemps.
C’est ce qu’il rappela, ce petit Peuple françois
Dans la rue, comme dans les urnes, quand l’hiver approcha.

 

 

 

 

 

 

 

Quelques précisions de l’auteur: http://www.elunet.org/spip.php?article24278

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