L’eau mérite un vrai service public !

La présentation du rapport sur l’activité du délégataire de la CUB sur l’eau et l’assainissement a été l’occasion pour Max Guichard de revenir sur les conditions du prochain passage (en 2018) en régie de ces activités. Environnement, maîtrise démocratique, conditions sociales des travailleurs et politique tarifaire ont été au coeur de son intervention.

Nous approchons de l’échéance prévue pour la révision de la gestion de l’eau. Voici quelques éléments qui nous semblent déterminants aujourd’hui sur le rapport qui nous est présenté.

Sur la question du volume, nous notons une consommation stabilisée pour la cinquième année consécutive. Cette stabilité s’effectue dans un contexte d’une augmentation constante de la population, ce qui tend à montrer que nous sommes sur une baisse tendancielle de la consommation des ménages. Sur le prélèvement, qui est une question qui nous tient à cœur, celle-ci montre là aussi une stabilité, même s’il existe une légère augmentation dans l’éocène. Au vu des chiffres nous restons convaincus que la CUB et le délégataire doivent continuer leur travail pédagogique en direction des populations, afin de faire des économies d’eau sans tomber dans la restriction ou la pénalisation. Ces chiffres montrent une vraie sensibilité de la population. L’épisode du perchlorate d’ammonium montre combien notre ressource peut être fragile et sensible aux aléas. Nous voulons répéter ici que, même si nous avons réalisé de réels progrès quant au prélèvement en nappes profondes, il nous faut passer à une autre étape. Le projet des nappes alluviales reste pour nous une priorité quant à la diversification de la ressource.

 Malgré ces points positifs que je viens de développer, je ne peux passer sous silence, une nouvelle fois, que le contrat qui a été voté par les élus en 1992 est très favorable au délégataire, celui-ci bénéficiant encore d’une augmentation tarifaire de 5,4% au détriment des usagers. Voila pourquoi la décision que nous avons prise ici, en juillet dernier, de créer une régie publique de l’eau à l’échéance 2018 est d’une portée considérable, même si, pour des raisons de meilleure maîtrise de cette régie, nous devons passer par l’étape DSP pour l’assainissement. Mais que ce soit pour cette DSP assainissement ou la future régie, des critères essentiels doivent être mis en avant pour offrir une véritable rupture de gestion.

 

Par son vote en juillet 2011, le conseil de CUB s'est engagé à un passage progressif en régie des services de l'eau et de l'assainissement sur l'agglomération.

En premier lieu, la rentabilité financière ne peut guider un service public, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un bien vital comme l’eau. Le deuxième axe doit résider dans la maîtrise citoyenne de cette ressource et de sa gestion, en lui permettant le contrôle total et permanent. Cette démarche doit être une boussole permanente pour nos services et les élus, car fondatrice de l’efficacité sociale et économique de cette régie. Et dans ce cadre d’efficacité, nous devons assurer la totalité des acquis des principaux acteurs de cette gestion publique que sont les salariés qui porteront toute la qualité de ce service public. Cela en est une des conditions majeures pour laquelle nous serons d’une extrême vigilance.

Enfin, la question des tarifs est pour nous essentielle et une vraie réparation doit exister du préjudice qu’ont subi les usagers ces vingt dernières années. Enfin, bien entendu une telle politique publique de l’eau ne pourra trouver toute sa dimension, toute son ambition publique qu’au travers d’un grand service public national de l’eau. Voilà bien un chantier que la gauche arrivée au pouvoir se doit d’ouvrir très rapidement. Nous sommes totalement disponibles pour une telle ambition.

 

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