L’école privée prend ses quartiers à Ginko !

Au détour d’une réunion de commission à la CUB, les élus de Bordeaux et de la CUB ont découvert que Bouygues, aménageur du quartier GINKO, a réservé des emplacements de choix pour la construction d’une église et surtout d’un collège privé d’enseignement catholique dans ce nouveau quartier. Inacceptable, cette décision a fait réagir Vincent Maurin. L’élu communiste de Bordeaux, qui avait bataillé pour qu’un collège public soit installé à GINKO, demande le gel de ces projets.

« En ce jour de mobilisation des personnels contre les fermetures de postes annoncées dans les écoles et collèges publics du département, je viens d’apprendre que l’aménageur Bouygues revend deux parcelles au diocèse catholique pour la construction d’un collège privé et d’une église. Lorsque j’avais dénoncé la rumeur, il y a près d’un an, à la suite d’un Conseil de quartier où les élus d’Alain Juppé avaient annoncé le projet de collège privé, CUB et Conseil général avaient démenti ! Quelque temps après, j’exprimais ma crainte que le choix de Bruges pour la construction du collège public sur les Berges du Lac en cours d’urbanisation, serve de prétexte et ouvre la porte à une opération privée sur la ZAC Ginko. C’est le cas !

Alors qu'aujourd'hui même les enseignants et leurs syndicats se mobilisaient pour l'école publique, il faut toute l'insistance des élus communiste pour apprendre que le nouveau quartier de Bordeaux ouvre grand ses portes à l'enseignement privé !

Où a eu lieu le débat présidant au choix ? Dans ZAC, le C signifie pourtant « concerté ». Par qui ? Avec qui ? Pourquoi les élus Mairie et CUB ont-ils été ignorés ? Ce matin, en commission urbanisme de la CUB, face à ma réprobation, élus de Droite et PS, semblaient découvrir ces projets diocésiens. En quoi Bouygues est-il plus fondé à définir les priorités d’intérêt général que la représentation démocratiquement élue, redevable des choix de consommation de l’espace public ? Quel crédit accorder au sérieux de certains projets bordelais concoctés par de « petits arrangements entre amis » des cabinets de Messieurs Juppé et Feltesse ? Sur le fond: Au moment où l’Etat se vante de réduire la dépense publique en supprimant des emplois dans l’Education nationale, il est indécent d’afficher une telle promotion de l’enseignement privé. L’enseignement catholique a -t-il besoin des faveurs d’une ZAC quand il est largement surreprésenté à Bordeaux et dont les crédits municipaux ne cessent d’augmenter depuis 10 ans ? Au moment où la laïcité est fragilisée par des prises de positions inquiétantes en France, comme en Europe, doit-on promouvoir un lieu d’enseignement catholique ? Et puis, une église est-elle nécessaire dans cette ZAC, quand existe déjà une grande chapelle dans la cité des Aubiers et que beaucoup conviennent qu’il faut « mutualiser » les équipements et favoriser le lien social entre l’ancien et le nouveau quartier ? Aussi, je demande le gel de ces deux projets afin de prendre le temps de mesurer leur portée d’intérêt général et de définir les modes de concertations adaptés (élus et population). »

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