Les Girondins de Bordeaux livrés à des fonds vautours!

Suite au grand oral passé devant l’ensemble des élus de Bordeaux Métropole, par Joseph Da Grosa, pressenti pour acheter le club des Girondins de Bordeaux, les élus issus de tous les bancs ont donné leur feu vert à la vente en acceptant les garanties présentés par le repreneur concernant les 3,7 millions de loyer annuel du stade Matmut Atlantique.

Max Guichard, président du groupe communiste, est intervenu pour s’opposer à ce projet de reprise de notre Club de football, devenu une institution pour de très nombreux girondins.

« Monsieur le Président, mes chers collègues,

Le hasard du calendrier fait que nous sommes amenés à délibérer sur le Matmut Atlantique quelques semaines seulement après la fête du sport. Une fête qui a été boycottée par le mouvement sportif, suite aux velléités annoncées par le gouvernement de réduire de manière drastique les moyens alloués au ministère de tutelle.

Cette réduction des crédits va mettre en grand danger le sport pour tous, notamment le sport amateur et ses éducateurs pour les plus jeunes.

Vous comprendrez, et je pèse mes mots, qu’il y a une certaine indécence à évoquer les millions du rachat des Girondins quand, à côté, d’autres sont condamnés à gérer la misère.

Une certaine indécence quand on regarde le montage financier du repreneur, qui vise de bout en bout à construire l’évitement fiscal. Une contribution fiscale qui aurait pu amplement aider au financement du sport amateur. Je vous le dis, monsieur le Président, malgré tout le respect que j’ai pour vous, je ne peux comprendre que des élus de la République puisse justifier cet état de fait.

On nous demande donc aujourd’hui de nous prononcer sur les garanties que nous amène le repreneur sur le loyer du Matmut Atlantique.

Se prononcer sur cette question, c’est aussi d’abord se prononcer sur le devenir du club des Girondins.

Or, à qui avons nous à faire. À un mécène ? À une entreprise qui souhaite valoriser son image ? À un groupe d’entrepreneurs régionaux passionnés et souhaitant mettre en avant notre ville ? Non, rien de tout ça.

Ce qui nous est présenté, c’est un projet de reprise articulé autour de fonds d’investissement, que d’autres appellent des fonds vautours.

Le seul projet que tous ces mondes maîtrisent, c’est le business plan. Tout un symbole !

Un montage financier qui vise à réaliser tous les ans un excédent de 10-15 millions d’euros, afin de rembourser les fonds qui accompagnent  Joseph Da Grosa.

Depuis 10 ans, le club réalise entre 5 et 15 millions d’euros de déficit chaque année. Par quelle opération miraculeuse GAPC va réussir là où M6 échoue depuis 10 ans ? Par quelle opération prodigieuse GACP aura des résultats meilleurs que ceux de Gérard Lopez dont le club, Lille, vient d’échapper de peu à la relégation en L2 pour raison financière ?

La présentation de Sud-Ouest du 26/09 montre combien ce dossier n’est monté que sur du risque, ce que laisse sous-entendre l’avis de la DNCG, le gendarme financier du football.

L’audition hier du GACP ne nous enlève aucun doute et nous n’avons appris rien de très nouveau. La mise en dotation aux amortissements ou le report à 2ans des remboursements ne change pas véritablement le fond du dossier. Monsieur Da Grosa n’a fait que répéter ce que nous savions déjà en n’oubliant pas, au passage, de nous flatter.

Mais nous ne pouvons en rester aux paroles, il faut nous en tenir aux dossiers que nous avons.

Monsieur le Président, nous avons une double responsabilité dans ce dossier.

En premier lieu, celle d’assurer que les loyers vont rentrer afin de pérenniser le montage financier du stade. Or, si demain le club se retrouve en liquidation judicaire, il y aurait fort à parier que nous verrions arriver une armée d’avocats afin que l’ensemble des fonds cités dans la délibération se libère de cette contrainte.

La deuxième, et elle n’est pas moins importante, c’est celle de la dimension morale. Les Girondins de Bordeaux font partie du patrimoine sportif de notre agglomération, de notre département, de notre région. Les 40 000 personnes présentes lors du tour préliminaire montrent qu’il peut y avoir de l’enthousiasme quand les tarifs sont abordables. Ce club a contribué, au fil des décennies, au rayonnement de notre ville, à des moments de liesse populaire, comme lors du ¼ de finale face au Milan/AC en 1996 ou lors du titre de 2009.

Les Bordelais sont un public difficile, exigeant, mais aussi des amoureux de leur club.

Voter en l’état cette délibération, ce serait faire fi des risques que font courir des fonds d’investissement à ce bien commun qu’est notre club.

M6 porte une lourde responsabilité dans cette situation. Mais par notre vote de ce matin, nous pouvons décider ensemble d’éviter maintenant ce qui se profile de plus en plus nettement, au vu des enquêtes et des analyses, à savoir une lourde perte au niveau sportif, patrimonial mais également financier.

Nous voterons contre cette délibération parce que, décidément, nous sommes convaincus que le sport ne peut être une marchandise. »

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