Lettre contre le départ de Lesieur et la désindustrialisation

C’est par un simple article du journal « Sud-Ouest » (1) que les bordelais ont appris l’intention du groupe Lesieur de concentrer ses activités sur Bassens au détriment du site de Bacalan. Outre la vingtaine d’emplois qui pourraient disparaître lors du déménagement, c’est la disparition de l’industrie dans Bordeaux intra-muros qui est en jeu. Une perspective que refusent Vincent  Maurin, élu bacalanais et président du groupe communiste au conseil municipal de Bordeaux, et Max Guichard, président du groupe communiste à la CUB. Aussi, ils demandent au président de la CUB, Vincent Feltesse, d’intervenir pour que cette désindustrialisation ne se poursuive pas.

Monsieur le président,

Nous avons appris par la presse la décision du groupe Sofiproteol de regrouper ses activités sur le seul site de Bassens, aux dépens de l’unité « Lesieur » de Bacalan. Cette décision nous inquiète au plus au point. D’abord parce que, si les informations du journal Sud-Ouest et des syndicalistes sont les bonnes, ce transfert d’activité a pour conséquence une baisse des effectifs : entre 10 et 20 emplois supprimés dans une structure de 90 salariés. Ensuite, parce qu’avec cette opération, c’est la désindustrialisation de ce quartier bordelais qui se poursuit.

Vous connaissez notre attachement à ce que le développement économique de notre agglomération soit diversifié. Force est de constater que sur Bacalan, comme dans les alentours de la gare Saint-Jean, nos collectivités locales sont plus promptes à intervenir pour faciliter l’installation de centres d’affaires et de structures de tourisme de luxe qu’à soutenir le maintien ou l’implantation d’activités industrielles. C’est fort dommageable pour l’avenir de notre agglomération. 

Non seulement l'usine Lesieur de Bacalan ne doit pas fermer mais les collectivités doivent s'engager pour rendre possible le projet d'installation d'une activité de maintenance navale sur les Bassins à Flots. Activités qui pourrait créer des centaines d'emplois (http://www.vincentmaurin.fr/2012/06/22/430/)

Mais ce dossier doit, monsieur le président, particulièrement vous interpeller. Car nous vous avions alerté en novembre dernier concernant la subvention de 500 000 euros que la CUB a versé à l’entreprise SAIPOL (2). Favorables à l’innovation industrielle, nous ne voyons pas en quoi cette entreprise bénéficiaire (34,2 millions d’euros en 2011) avait besoin d’argent public pour développer son activité. Au mieux, notre établissement aurait pu lui être utile en réunissant une conférence bancaire utile à l’obtention de crédits modulés en fonction de l’intérêt social, écologique et économique des projets industriels. 

Le conseil de CUB a malgré tout décidé de verser 500 000 euros à SAIPOL. Le conseil régional en a versé 1,1 million. Argent versé sous la condition de la création de 10 emplois. Or, le risque est aujourd’hui réel que Sofiproteol abandonne Bacalan et supprime 10 emplois. 

C’est la raison pour laquelle nous vous demandons de reconsidérer cette subvention, notamment au regard du règlement d’intervention que vous avez fait voter au conseil du mois de mai, pour le domaine économique. Et nous espérons que vous et le maire de Bordeaux interviendrez avec force pour que l’industrie ne disparaisse pas du quartier Bacalan. Pourquoi par exemple ne pas réfléchir à la réinstallation du raffinage sur le site bacalanais ?

Max Guichard, président du groupe communiste à la CUB

Vincent Maurin, président du groupe communiste au conseil municipal de Bordeaux.

 

(1) http://www.sudouest.fr/2012/06/14/lesieur-va-passer-sur-l-autre-rive-742631-2754.php

(2) http://blog.aquit.fr/cubpcf/2011/11/27/dividendes-et-aides-publiques-cest-incompatible/

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