Logement social: passer la vitesse supérieure, c’est très bien. S’en donner les moyens serait encore mieux.

Le conseil de CUB de ce 31 mai examinait la programmation 2013-2015 de conventionnement de logements sociaux sur l’agglomération. Une propgrammation qui, sous l’impulsion de la loi Duflot, est en forte progression, ce dont Vincent Maurin s’est félicité au nom du groupe des élus communistes et apparentés. Pourtant, la baisse des aides de l’Etat justifiée par l’austérité risque de rendre ces objectifs difficilement atteignables. Un comble alors que, sur Bordeaux, des opérations au coeur de quartiers fortement dépourvus pourraient devenir site pilotes pour le logement social.

« Mon intervention prendra une tonalité évidemment bien différente de celle des élus de droite qui viennent de donner le ton: haro sur le logement social ! Car cette délibération est pour nous d’abord pour nous le signe que le changement est possible.

Oui, l’objectif de conventionner 5000 logements sociaux en 2013 est un objectif très ambitieux, inégalé même. Mais la crise sociale prend une dimension tout à fait particulière sur la question du logement. Au point qu’avec le travail il devient un des facteurs principaux d’exclusion.

Les élus communistes l’ont dit ici des dizaines de fois : quand 60% des ménages girondins ne peuvent pas consacrer plus de 600 euros pour un T3 et qu’aucune des opérations d’aménagement qui sont soumises à notre approbation ne dépasse 25% de logements sociaux, c’est que nous avons un sérieux problème avec l’état réel de la société que nous sommes censés représenter.

Et ce ne sont pas les opérations d’accession dite « sociale » à la propriété qui pourront y répondre. Dans ce contexte de crise, l’accession « sociale » et les loyers PLS ne sont plus considérés par personne comme relevant du logement social. Et surtout pas par les organismes sociaux ni les associations qui oeuvrent sur le sujet. Ainsi, la communication du maire de Bordeaux qui annonce partout qu’il réalise 55% de logements sociaux dans ses grandes opérations, n’a aucun rapport avec la réalité: il faut y retrancher les 20% d’accession « sociale » et les 10% de PLS !

Cet objectif de 5000 conventionnements peut donc être salvateur. Il va nous permettre d’interroger ou de réinterroger chaque commune sur ses opérations. Je vous invite par exemple à reprendre nos précédentes interventions sur les opérations conduites à Bègles, Floirac ou Bordeaux. Vous y trouverez des pistes de travail.

En cœur de ville de Bordeaux, va ainsi d’ouvrir un important chantierchantier de réhabilitation du site de l’ancien commissariat Castéja. Chantier situé dans un quartier particulièrement dépourvu en logements sociaux et dans une ville encore très en-dessous des exigences de la loi SRU (16%). Pour nous, cette opération peut être une expérience pilote : réalisons à Casteja 100% de logements sociaux au lieu des 20% aujourd’hui programmés.

Des logements de qualité, répondant à la diversité des besoins en termes de logements sociaux et à l’excellence environnementale dans un quartier qui souffre beaucoup de la pollution.

Hélas, nous savons que, très soucieux de conserver ses ghettos de riches, le maire de Bordeaux argumentera qu’il n’est pas question de créer des ghettos de pauvres. Mais je rappelle une fois encore que 60% de girondins sont très loin des seuils nécessaires pour accéder au logement locatif dans ces quartiers là !

Sur un autre plan, cette délibération est aussi, Monsieur le Président le signe que l’austérité est le mal qui bloque toute velléité de changement véritable. Je cite d’ailleurs la délibération elle-même: « Compte tenu de la raréfaction des moyens, à mettre en corrélation avec le durcissement du contexte économique rencontré par les opérateurs de logement social, il est indispensable de veiller au bon emploi des deniers publics. »

Suggérer aux collectivités de passer la vitesse supérieure en termes de construction de logements sociaux, c’est très bien. Mais leur en donner les moyens financiers, serait encore mieux.

Prisonniers de l’injonction à la réduction des dépenses publiques, impulsée par Bruxelles, le gouvernement et la ministre Cécile Duflot vont dans le mauvais sens en réduisant sensiblement (de 10 000 à 6 500 euros) les aides aux conventionnements.

C’est donc bien l’austérité qui met en péril les objectifs d’une loi Duflot que nous avons pourtant plusieurs fois salué. Disons le tout net, cela risque d’être une impasse !

Nous appelons donc nos collègues de gauche, en particulier les parlementaires présents, à se ressaisir et à prendre conscience que la voie austéritaire n’est pas la bonne.

Ce sont maintenant les mal-logés, les travailleurs pauvres et les familles exclues des centres-villes qu’il faut entendre ! Il en est encore temps.

C’est avec cet espoir que nous soutenons ces objectifs de conventionnement.

Voir sur le même thème l’article de l’Humanité à l’occasion de l’assemblée générale des offices publics de l’Habitat.

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