L’urgence de la SNCF: la revitalisation de son réseau

Après plusieurs mois de négociations, la rénovation du pont-rail du Bouscat pourra être financée, dans le cadre du plan Etat-Région. Au lendemain de l’immense manifestation des cheminots contre la casse du service public, Claude Mellier a présenté ce plan de financement sur le Bouscat et redonné les raisons de la lutte des cheminots qui recoupe les besoins locaux.

Cette délibération a été fortement commentée déjà puisqu’il a fallu votre intervention, monsieur le Président et celle du président du conseil régional pour que la SNCF revienne dans le financement de ce qui nous apparaissait comme naturellement de sa mission entière. La réfection du tablier métallique de ce pont rail est en effet nécessaire au maintien d’une infrastructure de qualité sur la ligne de ceinture. Mais la finalisation de ces travaux avant juin 2019 est aussi nécessaire à la bonne complémentarité avec la mise en service de la ligne D du tramway. Nous sommes donc là dans une action simple mais urgente pour l’amélioration des conditions de transport de milliers d’usagers.

Cette concordance entre la fin des travaux sur le pont rail et la livraison de la ligne D est d’ailleurs une condition de la participation financière de Bordeaux Métropole. Notre établissement interviendrait donc à hauteur de 30,5%, c’est-à-dire au même niveau que la région et l’Etat quand la SNCF elle financera à hauteur de 8,5%. Pour rappel, le besoin de financement de ces travaux se monte aujourd’hui à 3,7 millions d’euros.

Nous sommes là face aux difficultés vécues par nombre de collectivités locales dans leurs rapports avec l’opérateur public du ferroviaire. Envolée des coûts des travaux, allongement de la durée de ceux-ci, désaccords sur les priorités,… on ne compte plus les récriminations.

Et, je sais que nombre d’élus veulent se saisir de cette délibération pour faire part de leur impatience à voir aboutir des projets eux aussi simples mais urgents pour les populations autour de la ligne de ceinture ferroviaire et autour de ces lignes que tout le monde s’accorde désormais à qualifier de véritables RER d’agglomération. J’appartiens à un groupe politique qui en parle depuis suffisamment longtemps pour m’associer évidemment à cette impatience des maires…

Vous m’accorderez donc, monsieur le Président, quelques réflexions d’ordre plus générales, particulièrement au lendemain de la journée de mobilisation que nous avons connu au sein de la SNCF et qui n’est que le première d’une longue liste. J’ai moi-même participé à ces mobilisations auprès des cheminotes et cheminots et je peux dire que j’y ai entendu la même impatience et la même incompréhension que chez beaucoup d’élus locaux. Les agents de la SNCF ne comprennent pas pourquoi le gouvernement s’appui sur des rapports qui n’ont qu’une obsession, la mise en concurrence, alors que l’urgence est à rétablir l’égalité de desserte sur l’ensemble du territoire. Car après tout, comment exiger ici la revitalisation de la ligne de ceinture et des lignes qui desservent la rive droite quand pèse encore au-dessus de nos têtes la menace du rapport Spinetta sur les lignes dites « non-rentables », dont celle qui dessert Le Verdon ?

Nous le savons maintenant, c’est la dynamique et la mise en réseaux des transports en commun qui les rendront rentables. Mais rentables selon des critères sociaux et environnementaux dont je doute qu’ils occupent beaucoup les dirigeants actuels de la SNCF. Je ne vois enfin pas bien en quoi le statut des cheminots entrave la rentabilité financière de celle-ci. Le magazine Capital, qui ne leur est pas réputé tout à fait proche, révélait en effet cette semaine, qu’appliquer le droit privé aux cheminots pourrait coûter beaucoup plus cher à la SNCF en termes de niveaux de salaires, de paiement des heures supplémentaires, du travail du week-end, etc. Ce que d’ailleurs certaines délégations de service public tendent à nous prouver, à l’échelle métropolitaine…

Pour finir, je me félicite donc que cette convention avec la SNCF sur le pont-rail du Bouscat puisse être signée, sous les conditions précisées dans la délibération. Et je souhaite moi aussi que la SNCF et le gouvernement se concentrent sur les affaires urgentes du moment : la revitalisation de son réseau de service public sur toute la Gironde. C’est là l’urgence sociale et environnementale du moment.

 

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