Mobilités: il faut plus de moyens pour sortir de la thrombose !

Un conseil métropolitain exceptionnel était convoqué ce 21 décembre pour évoquer la contribution de Bordeaux Métropole aux Assises de la mobilité. Une contribution marquée par des avancées vers une meilleure utilisation du réseau ferroviaire d’agglomération mais aussi par l’entêtement sur des voies sans issues comme le grand contournement routier ou les LGV. Le groupe communiste s’est donc abstenu. Explication de vote par Max Guichard:

« Ces débats sur les mobilités et sur le logement sont majeurs et ce temps d’échange doit être suivi de prises de décisions.

Le droit aux déplacements, dans des conditions correctes, est un droit fondamental qui est aujourd’hui remis en cause tant pour des raisons économiques et sociales, que par des conditions matérielles objectives. Il existe aujourd’hui un véritable danger que des fractures se construisent entre ceux qui vivent au cœur de l’agglomération et ceux qui sont en dehors, entre ceux qui ont les moyens de se déplacer et ceux qui ne les ont pas.

Enfin et ce n’est pas secondaire cette question de la mobilité pose fondamentalement celle de notre environnement, de la qualité de l’air bien évidemment, mais aussi du bruit et de la qualité de nos espaces naturels comme urbains.

Je ne ferai pas l’affront de dire que rien n’a été fait bien au contraire. Notre établissement a consommé beaucoup de son temps, de son intelligence et d’argent pour répondre à ces enjeux. Nous nous en sommes souvent félicités même si nous avons émis aussi des critiques.

La métropole a su au fil du temps diversifier son intervention et mettre en valeur des modes différents, que ce soit la marche à pieds ou le vélo. Ces actions ont donné des résultats probants, comme le montre l’enquête ménage partielle. Mais ce n’est pas encore à la hauteur des besoins de notre population.

Cette situation nous amène à faire plusieurs constats :

La question de la mobilité ne peut être l’affaire d’une seule collectivité, et demande des réponses coordonnées.
Les moyens financiers mis à notre disposition sont trop insuffisants.
Nous n’avons sans doute pas su utiliser à plein tous les modes de transport possibles.
La question des mobilités ne relève sans doute pas uniquement des transports mais aussi de l’aménagement du territoire.
Ces constats posés, nous pensons que des réponses concrètes peuvent être apportées.

En premier lieu nous tenons à dire notre plein soutien à la création d’un syndicat à l’échelle du bassin de mobilité ou du département qui permette de défragmenter les réponses aux besoins de mobilités. Il faut un syndicat qui soit un vrai outil de coopération à l’échelle de notre territoire, associant le plus grand nombre, évitant toute volonté d’hégémonie des uns ou des autres.

Je l’ai dit nous manquons de moyens et nous sommes obligés de réfléchir à moyens constants ce qui ne correspond aux besoins de nos populations. Des pistes de ressources pérennes sont avancées dans la contribution aux Assises. Certaines ne peuvent pas nous satisfaire, comme lorsque face au désengagement de l’Etat, vous proposez d’étendre l’emprise des concessionnaires d’autoroutes vers la rocade et de leur offrir la manne financière des péages pour quelques années supplémentaires.

D’autres sources de financement peuvent être imaginées : outre une taxe sur les poids lourd qui exonèrerait les transports régionaux, une taxe locale sur les bureaux pourrait être mise en place comme c’est déjà le cas en Ile-de-France. Cela représenterait un vrai supplément pour notre établissement. Un déplafonnement du versement transport nous redonnerait aussi une bouffée d’oxygène.

Ces nouvelles ressources pourraient nous permettre d’envisager de nouveau type d’investissement, en appui de subvention de l’état à la hauteur des enjeux qui sont devant nous.

Car indéniablement il nous faut passer un nouveau cap, et ce pour répondre aux besoins immédiats mais aussi aux besoins à venir qui sont tout aussi considérables.

Nous avons de penser notre agglomération autrement, en voyant bien que nous sommes déjà quasiment à 900 000 habitants. Si cela craque aujourd’hui quand sera-t-il demain ?

Le SDODM est une réponse mais loin d’être suffisante. Les barreaux et le grand contournement que vous proposez monsieur le président ne nous conviennent pas car ils nous enfermeraient dans la réponse routière. Nous estimons pour notre part que le fer est plus que jamais la réponse moderne à ces questions. Cela demande des investissements massifs, tant dans les infrastructures que dans le matériel et dans les hommes pour le faire vivre. Cela est vrai autant pour les voyageurs que pour les marchandises. Cela demande d’abord et avant tout de changer les règles du jeu et de faire que le rail cesse d’être désavantagé face à la route, dont les coûts externes ne sont jamais pris en compte.

Il nous faut comme nous l’avons demandé à plusieurs reprise redonner toute sa place au fleuve. Nous l’avons fait pour les voyageurs, il faut que nous le fassions pour les marchandises en étant à l’initiative de la reconstruction d’un réseau de batelier.

Nous devons continuer à améliorer notre réseau de bus qui est en souffrance par rapport aux autres modes. Continuer à améliorer les conditions du développement des modes doux même si nous avons fait de nets progrès.

Il n’en demeure pas moins que nous devons nous projeter vers l’avant et réfléchir à quel mode nous aurons en 2030.

La réponse d’un métro telle qu’elle a été amenée par Gilles Savary récemment dans Sud-Ouest, ne peut nous convenir car elle est trop limitée au centre ville. Aujourd’hui c’est de circulaire dont nous avons besoin. Une première couronne avec la ligne de ceinture qui n’a pas encore la place qu’elle mériterait, mais demain c’est d’une deuxième ceinture dont nous aurons besoin. C’est dans ce sens qu’il nous faut regarder.

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