Mobilités: il faut investir encore dans les transports publics !

Le Grenelle des mobiliés aura été l’occasion de mettre en commun des idées, des propositions pour passer un cap vers une mobilité fluide et juste. Mais mettre en accusation les usagers bien contraints de la voiture ou offrir de réelles alternatives en investissant notamment massivement dans les transports en commun ? Le rapport présenté en conseil de CUB a fait le choix de ne pas trancher. Pour le groupe communiste, Michel Olivier a exprimé un choix clair pour la deuxième option. La mise en œuvre de ce Grenelle des mobilités aura été l’occasion d’un grand brassage d’idées qui permet à la CUB de se doter d’une boîte à outils intéressante quand au devenir des déplacements des habitants de l’agglomération. Permettez-moi de m’arrêter sur quelques points et manques qui apparaissent essentiels à notre groupe.

D’abord sur « le constat » qui mérite à notre sens d’être débattu alors même qu’il oriente tout le rapport. La CUB a mis en place des transports en commun efficaces et pourtant cela n’empêche pas que la part de la voiture reste très élevée, provoquant la congestion que nous connaissons. Si ce constat peut apparaître comme une évidence, une fois énoncé, il mérite à mon sens qu’il soit interrogé. En effet,avons-nous fait les bons choix en termes de transports publics ? Est-ce que le tout tramway mis en place depuis 2003 était la seule politique que pouvait faire la CUB ?

Le tout tramway mis en place depuis 2003 était la seule politique que pouvait faire la CUB ?

 

La décision de persévérer dans ce choix en prolongeant les lignes existantes est-elle un bon choix ? La réussite de la restructuration du réseau de bus ne montre-t-elle pas que celui-ci peut être efficace s’il est amélioré ? L’absence de transport en commun efficace évitant le centre de Bordeaux, permettant les liaisons banlieue-banlieue ne nuit-elle pas aux performances des transports en commun?

Toutes ces questions auraient méritées d’être posées afin d’avoir une véritable critique sur notre politique de transport pour construire au mieux les réponses pertinentes aux besoins des populations et aux besoins des entreprises. Les transports publics fournissent des emplois au BTP, aux constructeurs et aux personnels d’exploitation. Il en ressort que des impasses apparaissent qui, pour certaines, peuvent se révéler d’une grande importance.

Je commencerai par la question financement : Le rapport ne tranche rien, mais il apparaît que la « raréfaction  de l’argent public » devient une évidence pour tous, qui devient un critère. Ce qui laisse deux solutions : soit une baisse en terme d’ambition pour les transports publics, soit la recherche de nouveaux financements, en particulier du côté des ménages (péage urbain…). Nous restons pour notre part convaincus qu’il faut toujours plus d’argent public pour toujours mieux de transports en commun.

Contrainte ou incitation : là non plus le rapport ne tranche pas, mais on sent dans le discours de beaucoup d’élus une volonté de contrainte très prononcée. Cette question mérite un vrai débat. Mais qu’il soit pris dans son intégralité ! Il faut déterminer quelles sont les causes de la situation actuelle, et qui est responsable : les individus ou la société.

Pour ma part, je pense que ce sont les choix politiques des 40 dernières années qui ont amené à cette situation, délaissant le logement social, incitant la majorité de la population à devenir propriétaire, provoquant ainsi l’étalement urbain. Prenant ces considérations, il faut que la collectivité prenne les dispositions pour réparer cette situation et mettre en place des politiques incitatives efficaces.

 

Depuis des mois, le groupe communiste propose que, comme içi à Paris, le fleuve soit utilisé pour le transport de matériaux de construction. Belcier est un quartier stratégique pour ce projet qui permettrait de retirer des routes de la CUB 600 poids lourds par jour pendant 20 ans.

Sur des questions plus concrètes : l’absence du fleuve dans le rapport final alors qu’il a été cité a plusieurs reprises. De même, aucune référence à un développement du fret ferroviaire régional, avec la question du wagon isolé. De la même manière si le rapport parle d’utiliser au mieux les tuyaux existants aucune référence n’est faite aux voies ferrées, et notamment à la ligne de ceinture.

La question des incitations tarifaires. On comprendra bien pourquoi est absente, ou balayé d’un revers de main, la gratuité. Enfin, si le vélo électrique est mis en avant, la question de l’auto-partage, avec notamment des véhicules électriques, est totalement absent.

Pour conclure nous pensons que l’exercice avait son intérêt, mais qu’un tel brassage d’idée ne peut se faire au détriment d’un investissement public massif. Notre pays est riche, en crise soit, mais riche, si nous voulons aller vers une vraie transition écologique, il faudra y mettre les moyens.

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