Est-on une « métropole » quand son université n’a pas deux mois de trésorerie ?

Rénover un restaurant universitaire, qui serait contre ? Mais au fait, pourquoi est-ce une collectivité locale qui finance ce type de travaux…? Le programme de modernisation du Campus de Carreire (Bordeaux), a fait l’objet d’une mise au point de la part des élus communistes lors du conseil de CUB de décembre dernier. Michèle Iste  a en effet rappelé que c’est en fait aussi l’austérité qui rattrape nos universités. M Iste

Plusieurs aspects nous interpellent dans cette délibération. D’abord, nous ne pouvons que soutenir la modernisation des structures d’accueil des étudiants, et notamment du restaurant universitaire. Mais le choix qui consiste à continuer à densifier ce site pourrait laisser perplexe. Ce quartier est déjà saturé de problèmes de circulation et de stationnement, pris en étau qu’il est entre le CHU Pellegrin, l’hôpital Charles Perrens et ce site universitaire. Renforcer ce dernier sans donner de réponse en terme de circulation et de stationnement peut sembler aventureux.

Mais cette délibération nous permet de poser une autre question, qui est évidemment celle de la participation financière de la CUB. Puisque ce conseil a accepté les termes du « Plan campus », cette subvention entre dans notre champ de compétences. Ce n’est pas le cas de la subvention de l’école de management « Kedge Business School », dont nous contestons intégralement le bien fondé.

Mais force est de constater que cette subvention sur Carreire s’inscrit dans une dérive du financement des universités qui repose désormais, au mieux sur les collectivités locales, au pire sur des financements privés et autres fondations. Cette dérive est très inquiétante et elle a été dénoncée par les personnels, les étudiants et même la direction de l’université Bordeaux 3.

Comment peut-on prétendre « entrer dans la compétition des métropoles », quand une de ses principales universités n’a pas deux mois de trésorerie en poche !? Comment prétendre démocratiser l’accès aux savoirs quand une de nos grandes universités avoue devoir entasser 70 étudiants en TD (travaux dirigés) dans l’espoir que la moitié abandonne en cours de semestre ? Et que dire encore de la situation déplorable du logement pour les étudiants ?

Nous savons que cette situation est l’héritage de la politique du gouvernement Fillon-Pecresse. Mais c’est encore un sujet sur lequel le gouvernement actuel n’a hélas pas marqué de rupture.

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