Des orientations budgétaires bien inquiétantes…

Le conseil de métropole du 16 février a engagé le débat d’orientation budgétaire. L’occasion pour Max Guichard de donner l’opinion du groupe communiste sur la politique nationale vis à vis des collectivités locales et donc vis à vis des services publics et investissements utiles au quotidien.

Il paraît, chers collègues, que le président de la République et son premier ministre se croient modernes… Si vous avez l’occasion de les rencontrer, monsieur le président, vous pourrez leur dire de ma part qu’ils ont simplement combiné l’orthodoxie libérale d’un François Hollande avec les effets de manche d’un Nicolas Sarkozy ; c’est-à-dire rien de bien neuf ni d’engageant pour l’avenir.
C’est en effet une parfaite continuité et cohérence avec les politiques de restriction budgétaires des deux précédents mandats qui s’applique. Nicolas Sarkozy avait supprimé la taxe professionnelle sans la remplacer par un impôt économique plus efficace, François Hollande a réduit de manière inédite les dotations budgétaires de l’Etat, Emmanuel Macron en tire les conséquences en mettant les grandes collectivités locales sous tutelle (les petites sont déjà étouffées) et en imposant par là des restrictions budgétaires que les besoins locaux avaient refréné.

Dans ce contexte qu’a rappelé Patrick Bobet, je veux le dire encore, le maintien à un niveau élevé des crédits du programme pluriannuel d’investissement est à saluer. Sur les mobilités, le logement, la politique Nature (pas assez…),… les besoins sont forts et notre métropole a un rôle primordial à jouer. Son désengagement de grands investissements serait un très mauvais signe pour l’économie locale et serait un désastre pour le quotidien des habitants de l’agglomération et du département.

Mais plus on lit les rapports budgétaires de M. Bobet, plus on se demande combien de temps cela pourra durer… Déjà certains parlent de « prioriser » dans les priorités… Et je n’oublie pas monsieur le président, que vous expérimentez l’externalisation d’une partie de la collecte d’hyper-centre ; sûrement pour vérifier que cela ne coûte pas moins cher dans le privé…

Je sais à ce propos que certains dans votre conseil municipal vous ont encouragé à externaliser plus, à réduire la voilure du personnel, à ne pas remplacer les départs en retraite,… que sais-je encore… Mais tous les élus de terrains savent ici, les maires particulièrement, que l’attente de nos concitoyens est forte vis-à-vis des services publics. Nous avons besoin de monde dans les crèches et les écoles pour accueillir dans de bonnes conditions les enfants ; nous avons besoin de plus de balayeurs dans les rues pour faire face à une fréquentation, touristique notamment, qui est croissante ; nous avons besoin d’agents d’entretien pour les voiries de l’agglomération tellement sollicitées ; besoin d’ingénieurs pour développer en urgence les projets de mobilité et d’urbanisme utiles à notre territoire ; besoin d’administratifs pour orchestrer tout cela.

Dans ces conditions, je sais que M. Bobet entend l’objectif de 50 embauches nettes comme un plafond ; je crois pour ma part que c’est un minimum si nous voulons répondre mieux aux besoins des populations et de nos propres services. Mais, évidemment, nous sommes là éloignés de la philosophie de messieurs Philippe et Macron. Leur logique, elle est celle qui vous a été soufflée en conseil municipal : celle de laisser le champ libre au secteur privé, au mécénat voir à l’ubérisation, pour récupérer des marchés sur de grands secteurs publics. Nous savons tous que quelques grands groupes sont à l’affût, que ce soit dans le domaine des transports, de la construction, de la gestion de l’eau, mais maintenant aussi les géants du numérique.

Répondre à ces sirènes, ce n’est pas de la modernité, c’est de la capitulation. La modernité, ce serait d’inventer de nouveaux services publics pour répondre à ces besoins, d’allier numérisation et proximité, mobilité et sécurité pour la fonction publique. Et ce serait pour ce faire d’inventer de nouvelles recettes fiscales, basées sur la dynamique économique locale, s’attaquant aux activités écologiquement destructrices et socialement irresponsables. On en est bien loin. Nous serons pour notre part attentifs au respect des engagements sur les investissements programmés, qu’ils soient de grands investissements ou les investissements du quotidien. Et aux moyens mis à la disposition des services de la métropole pour y répondre.

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