Orientations budgétaires: une impasse économique, un drame social

Le conseil de Cub de ce 28 novembre à étudié le document d’orientation budgétaire pour 2015. Claude Mellier a fait part de l’analyse du groupe des élus communistes, à la veille de la transformation de la Cub en Bordeaux Métropole.

Claude Mellier
Comme je l’ai déjà dit en bureau, notre groupe ne se retrouve pas dans l’affirmation de départ de ce document d’orientation budgétaire. Nous ne faisons en effet pas partie de ceux qui estiment que « l’intérêt général » peut nous faire admettre de telles dérives en direction des collectivités locales qui sont touchées au cœur même de leurs missions de service public et, le document le décrit bien, au cœur de leur rôle de premier investisseur public. C’est donc un rouage économique majeur de notre pays qui est attaqué.

Face à une telle situation, on ne peut pas isoler la France et tenter de la décrire en perdition au milieu d’un continent européen qui lui, se relèverait. Ce n’est pas la réalité et chacun le sait bien. Le « modèle allemand » montre désormais ses failles et elles sont graves pour les travailleurs de ce pays ; les pays du Sud de l’Europe – dont on nous dit que, « grâce à leurs efforts de compétitivité », leur commerce extérieur devrait nous faire envie – sont bel et bien dans une situation de déclassement social gravissime. Et pour cause, les « efforts de compétitivité » dont vous parlez, ce sont des baisses de salaires, des dégradations sans précédents du statut des travailleurs et des coupes claires dans les budgets sociaux. Exactement la recette que quelques experts dépêchés par monsieur Valls voudraient bien imposer à la France aujourd’hui. Nous avons pourtant sous les yeux, en Espagne et au Portugal notamment, le résultat de ces politiques : une impasse économique et un drame social.

De même, on ne peut laisser croire que la dégradation de la situation économique daterait pour l’hexagone du mois de mai 2012. Avant cette date, nos collectivités locales ont eu à souffrir de la suppression de la taxe professionnelle et déjà, du gel des dotations d’Etat qui ont initié l’effet ciseau dans lequel nous sommes aujourd’hui enfermés.

Hollande MEDEFLe résultat, nous l’avons déjà devant nous : c’est un budget en baisse alors que les besoins sociaux sont immenses. Chacun ici s’accorde pourtant à dire qu’il faudrait engager tout de suite un nouveau cycle pour l’amélioration des dessertes de transports en commun ; chacun concède que l’effort de construction de logements sociaux devrait être poursuivis voire accéléré ; chacun voit bien que le budget consacré aux équipements sportifs de proximité, et notamment aux piscines, devrait être urgemment augmenté ; chacun sait bien enfin que pour assurer ces services publics avec une démographie grandissante, il faudrait plus de personnels de la fonction publique territoriale. Et c’est pourtant un budget en baisse qui se dessine pour 2015 : -29% sur le programme d’équipements, -7% sur le budget global.

Les inconditionnels de la « sobriété » auront donc de quoi faire… Mais ne nous y trompons pas, les « nouvelles recettes » que ces contraintes budgétaires forcent à rechercher ressemblent fort à de vieilles rengaines : toujours plus de partenariats public-privés, plus de prises de risque sur les marchés financiers, plus d’économies sur des missions de service public.

Le tout sur fond d’une métropolisation qui est en train d’aspirer les compétences et les moyens de nos communes pour mieux faire la place à un système dans lequel la technocratie aura toute sa place mais plus la démocratie. Les citoyens n’en peuvent pourtant plus de ce sentiment d’impuissance des politiques et de ces renoncements face aux puissances financières.

Pour notre part, nous n’acceptons pas cette situation qui consiste à regarder les grands groupes distribuer des dividendes records alors qu’on les exonère d’impôt économique local ; nous n’acceptons pas ces injonctions d’un monde de la finance qui a trouvé les comptes publics assez sains pour se servir après la crise de 2008 et nous donne aujourd’hui des leçons de bonne gestion.

A la CUB, nous interviendrons donc pour rétablir l’ordre des priorités : l’emploi, le logement, les transports, l’environnement. Il faudra bien dégager les moyens financiers pour ces urgences sociales.

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