Des outils pour lutter contre l’ubérisation de nos villes

Le conseil de métropole de ce 7 juillet a entériné l’application de nouvelles dispositions législatives qui permettent de commencer à lutter contre la confiscation de milliers de logement au profit des plates-formes numériques de la location saisonnière. Au-delà de 120 nuitées de location, les propriétaires du cœur de l’agglomération devront maintenant changer le statut de leur habitation, qui deviendra à usage commercial ; et ils seront soumis à des mesures de compensation. Au nom du groupe communiste, Odile Blein s’est félicité de l’apparition de ces nouveaux outils, en estimant que l’on pouvait aller plus loin.

« Nous ne pouvons nous aussi que nous féliciter de ces nouvelles dispositions législatives qui donnent des outils aux collectivités pour lutter contre les pratiques de plateformes numériques qui encouragent aujourd’hui une véritable confiscation de milliers de logements dans nos grandes villes.

Car si l’idée de départ de ces plateformes a pu répondre à l’aspiration au partage pour de nombreux citoyens, la logique a vite pris un autre tour dans les secteurs en tension pour aboutir à la situation que nous connaissons aujourd’hui, de confiscation de quartiers entiers au seul profit du tourisme et des revenus juteux qui vont avec. Ce n’est évidemment pas la pratique de la majorité des utilisateurs de ces plateformes, qui en tirent des revenus assez raisonnables (75% y gagnent moins de 5000€ par an). Mais pour ceux qui en ont déjà les moyens, c’est un business sur plusieurs logements qui est possible. Les outils législatifs nouveaux nous permettent donc de reprendre un peu la main.

Entre parenthèse, monsieur le président, les enjeux qui sont posés avec Airbnb et ses affiliés ne sont pas très éloignés de ceux que Jacques Padie avait pointé lors d’un dernier conseil au sujet des conditions de travail des livreurs de repas à vélos dans les rues de Bordeaux. Vous vous étiez à cette occasion dit favorable à la tenue d’une table-ronde avec les acteurs du secteur ; celle-ci doit en effet se tenir pour rappeler quelques principes du code du travail à ces entreprises issues de la révolution numérique.

Rappeler quelques principes, c’est donc aussi la fonction des dispositifs adoptés aujourd’hui. Notons simplement que le plancher de 120 nuitées est encore un peu élevé pour empêcher une spéculation sur ce marché. Il faudra aussi doter nos services de moyens humains pour le contrôle de ce dispositif. Sur la ville de Paris, et sous l’impulsion des élus communistes, ce sont 25 agents qui sont destinés à ces tâches.

Mais, pour nécessaire qu’elle soit, cette partie contraignante à l’égard des particuliers ne suffira pas. C’est évidemment toute une politique de logement social qui est en cause. Nous en parlons régulièrement, à propos des pourcentages – trop faibles, de logements sociaux dans les grandes opérations urbaines en cours. J’ajoute, monsieur le président, que pour lutter contre la spéculation dans notre agglomération, une autre mesure existe, il s’agit de l’encadrement des loyers. Vous nous avez plusieurs fois répondu ne pas y croire. Mais Bordeaux, qui bat chaque année les records d’inflation immobilière, se trouve-t-elle dans une situation où on peut négliger des pistes ? Cet encadrement des loyers permis par la loi intègre la notion d’expérimentation et pourrait ainsi permettre d’adapter au plus près le dispositif.

Tous les outils sont à notre disposition ; cette mesure nous semble, vue la situation de milliers de ménages de notre agglomération, au moins aussi urgente que la réglementation face aux pratiques de Airbnb. Nous voterons donc évidemment pour les mesures proposées, en vous demandant une fois encore, de mettre en étude rapidement l’encadrement des loyers. »

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