L’occasion manquée de toucher les actionnaires où ça fait mal: le portefeuille !

C’est ce qu’on appelle une occasion manquée ! Réglementant sur les aides qu’elle verse aux entreprises, la CUB n’a pas saisi l’occasion qu’elle avait d’affirmer son refus de verser des aides à des entreprises qui verseraient des dividendes. Raison pour laquelle le groupe a refusé de voter le nouveau reglement d’intervention. Gilles Penel a rappelé combien était indispensable une attitude ferme des collectivités vis à vis des grands groupes.

Il est très positif de vouloir réglementer nos interventions envers les entreprises et les manifestations économiques. Mais nous ne pouvons pas nous permettre de ne faire que la moitié du chemin. Surtout après les expériences auxquelles les salariés de Ford, de la Sogerma ou maintenant de Cofinoga ont été confrontés.

Ainsi, nous saluons la volonté d’exiger que les aides aux entreprises soient conditionnées à la réalisation d’au moins 5 emplois en CDI. Que ces emplois soient à temps plein serait encore mieux. De même, l’exigence de performance écologique est nécessaire. Elle va de paire avec l’exigence d’amélioration des conditions de travail, tel que le règlement d’intervention y invite.

Les salariés de Ford Blanquefort savent malheureusement bien que les grands groupes n'ont que faire de la parole donnée aux collectivités. Raison pour laquelle celles-ci doivent montrer plus de fermeté.

Mais nous sommes surpris que la règle du refus de versement d’aides aux entreprises versant des dividendes à leurs actionnaires n’ait pas été retenue. D’autant plus surpris que plusieurs membres du bureau de CUB dont vous-mêmes, monsieur le président, s’étaient déclarés favorable à ce que cette possibilité soit étudiée. Au conseil régional, Alain Rousset n’a pas renoncé à l’appliquer.

Enfin, le vote d’un tel règlement d’intervention n’a de valeur que s’il s’accompagne d’une très grande vigilance des élus. L’attitude de Ford vis-à-vis des salariés, de leurs représentants et des élus locaux nous prouve en effet que les grands groupes n’ont pas pour habitude de respecter la parole donnée. C’est à la puissance publique par la loi et les règlements, et aux salariés par leur mobilisation, de les rappeler à leurs devoirs.

De même qu’il est de notre devoir de rappeler aux banques quel est leur métier. Car, ne nous leurrons pas, ces aides directes aux entreprises ont pour fonction essentielle de permettre aux entreprises, et aux PME en particuliers, d’échapper aux intérêts financiers exorbitants que les banques exigent sur des projets pourtant souvent innovants, utiles aux populations et créateurs d’emplois. Notre établissement doit donc persévérer pour l’organisation d’une conférence bancaire locale utile à débloquer des crédits abordables pour les entreprises et les collectivités locales.

Faute d’intégrer ces éléments, ces règlements d’intervention ne font que réguler une dérive anormale du financement des projets économiques et industriels. Nous y restons donc opposés.

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