Personnel de la CUB : non à l’individualisation !

Par la voix de Michèle Iste, le groupe communistes et apparentés a approuvé certains aspects de la délibération cadre sur les ressources humaines soumises au vote du conseil de communauté du 16 décembre. Mais elle a dit son opposition aux mesures d’individualisation qui sont mis en place.

 

Sans doute une délibération cadre relative à la politique des ressources humaines est-elle indispensable pour notre établissement si elle répond à la fois à une hausse du service rendu à la population à travers un meilleur service public et à une prise en compte humaniste et concertée des salariés de notre établissement en lien avec les élus et les organisations syndicales.

Il est proposé ici de s’appuyer sur quelques points qui restent à débattre:

1- Valoriser le capital humain, ce à partir essentiellement de formations qualifiantes que je ne peux qu’approuver. Nous les réclamons depuis longtemps. Il est important que les personnels trouvent au sein de l’établissement des perspectives de carrières intéressantes qui valorisent aussi le service public. Ce point de la délibération me semble inattaquable, sinon que, si des compétences issues de nos services peuvent permettre quelques formations en interne, je rappelle notre attachement aux formations du CNFPT qui offrent un regard extérieur aux agents.

2- Développer la compétence managériale: mais reste à définir le management idéal. La compétence managériale ne s’improvise pas, il existe bien des façons de manager. Quelle est la bonne ?  Qu’entend-on par une bonne façon de manager ? Nous devrions déjà trouver un terrain d’entente pour cette définition. Sans doute faudrait-il s ‘appuyer sur l’entretien à l’évaluation. Mais cet entretien totalement individualisé n’est-il pas sujet à caution ?  Est-il si objectif que cela ?  On fait totalement l’impasse sur des entretiens collectifs comme sur des évaluations d’objectifs à atteindre qui sont plus importants que l’individualisme prôné. Ce type de management ressemble au management de certaines entreprises et on en a vu les limites.

 

Individualiser les rémunérations et l'évaluation, c'est ne pas reconnaître la valeur collective du service public rendu par les agents de la CUB.

 

3- Le 3e point dont je voulais parler et qui étaye cette affirmation, adapter les effectifs à l’évolution des besoins : sans doute faut-il rationaliser les choses et s’il est précisé que « c’est entendu le plus souvent comme la création de postes », permettez-moi de m’inquiéter de ce « le plus souvent ». surtout à la lecture du paragraphe précédant sur la refonte du régime indemnitaire.  Je m’inquiète fortement de la PFR (prime de fonction et de résultat) et de l’IPF (indemnité de performance et de fonction) qui nous sont proposées comme inéluctables ! Elles n’amènent souvent que de la concurrence négative entre salariés et services entre eux. Nous n’approuvons pas une politique salariale de la performance et du résultat.  Ce peut être là source de souffrances au travail, de désorganisation des services et faire de gros dégâts. Le salarié ne doit pas être la variable d’ajustement de nos « besoins ».

4- Proposer une politique sociale plus proche du salarié: elle ne peut se faire au détriment des organismes sociaux indépendants qui existent (COS, ASCCUB).  Ces organismes jouent un rôle important de liant social. De bonnes choses comme la participation à la mutuelle santé ou le renforcement de la solidarité envers les jeunes et les handicapés, ou le reclassement des salariés abîmés par le travail, sont mises en place.  Une suggestion : il serait intéressant de nommer un référent RH technique, au sein de chaque service ce qui rendrait la RH plus proche des agents. Toutefois, avoir une politique salariale dynamique de haut niveau est toujours bien meilleure que de devoir dispenser des aides diverses. L’un peut très bien aller avec l’autre.

 Permettez-moi en tant que femme de réagir à la suggestion de faire que, par le « télé-travail », la femme reste à la maison où elle jonglerait avec son emploi et la tenue de son ménage. Ne peut on plutôt réfléchir à la création de crèches d’entreprises, par exemple, et autres moyens d’émancipation ? Interrogeons nous aussi pour savoir combien de femmes occupent un poste de haut niveau dans notre collectivité. Ceci dit, nous attendons une évaluation en profondeur de la conduite du changement que nous avons menée. Il me semble que tous les services sont loin d’être opérationnels et que de nombreuses compétences humaines et leurs savoir faire se sont perdus en route.

Si nous nous en arrêtions à ces considérations, Monsieur le Président, nous nous serions abstenus sur cette délibération. Mais nous avons également bien noté qu’elle comprenait l’ouverture de 75 postes pour assurer des projets d’envergure pour notre établissement.

 Nous voterons donc en faveur de cette délibération cadre, mais restons opposés à l’individualisation qu’elle impose aux agents, et voterons donc contre l’expérimentation des entretiens professionnels proposée en délibération 55.

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